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Intervention de Geneviève Gaillard

Réunion du 23 novembre 2016 à 9h45
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGeneviève Gaillard :

À écouter les divers orateurs, j'ai eu le sentiment que le mot d'ordre était : surtout, ne touchons à rien, laissons tout en l'état, et laissons les nouvelles espèces prospérer. L'état des espèces amphihalines et des espèces migratrices commande une réflexion allant au-delà de ce que nous avons entendu, même si je reconnais que la science n'était pas allée assez loin, et que la recherche a été insuffisante.

En qualité de présidente du comité national de la trame verte et bleue, qui en beaucoup d'endroits a été bien menée ; je constate que ce qui fait problème c'est l'application aux cours d'eau de cette directive, nous avons là des efforts considérables à fournir.

À mes yeux, les moulins recèlent une valeur patrimoniale importante, même si tous les propriétaires ne les entretiennent pas. Il existe des ouvrages, qui ne sont pas nécessairement hydroélectriques, qui forment des seuils alors qu'ils ne servent plus à rien, et ne sont pas du tout entretenus. Il faut se concerter avec les propriétaires afin de déterminer s'il convient de conserver, d'entretenir ou d'araser ces ouvrages.

Nous avons raté la communication dans ce domaine et les maîtres d'ouvrage gestionnaires d'une rivière, ou même les services de l'État parfois, ont eu une vision extrémiste de l'évolution des cours d'eau. De façon plus modérée, j'estime qu'il faut considérer les ouvrages un par un et travailler avec les propriétaires ; il ne faut pas avoir d'idée préconçue. Dans les Deux-Sèvres, j'ai assisté à une réunion : il y régnait une ambiance de guerre ! L'un des participants a indiqué, au risque de déplaire, avoir réalisé des travaux conformément aux dispositions de la directive, et s'en est estimé pleinement satisfait.

La directive ne dit pas qu'il faut araser, ce qu'il est aisé de constater dans les pays voisins du nôtre. Il est possible de réaliser des aménagements peu coûteux. Il faut se garder des conceptions manichéennes, et étudier les mesures à prendre au cas par cas afin de protéger les espèces et faire en sorte que demain prospèrent encore les anguilles, le saumon, l'alose.

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