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Intervention de Guy Bailliart

Réunion du 23 novembre 2016 à 9h45
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGuy Bailliart :

Vous avez reconnu, messieurs, que nous manquions de données scientifiques, aussi bien pour affirmer une chose que pour affirmer son contraire. Bien que j'abonde dans votre sens sur de nombreux points, il me semble qu'il convient de résister à la tentation de deux nostalgies : celle du préhumain supposé, mais aussi celle des verdures du XVIIIe siècle, avec un moulin et un saule pleureur.

Le risque est soit de vouloir tout détruire, soit de tout garder. La réalité c'est que notre système est dégradé et qu'il a perdu toute cohérence. Parfois parce que des ouvrages artificiels et très bloquants ont été construits, parfois parce que l'on a omis d'entretenir des ouvrages qui avaient fait leurs preuves, et qui n'avaient pas dégradé un paysage naturel, dont nous savons qu'il n'est pas aussi ancien que l'on pourrait le croire.

Aussi, l'entretien des ouvrages existants est-il central.

Vous avez encore souligné l'importance de la qualité de l'eau, qui ne dépend pas uniquement des barrages et de la circulation des sédiments. Il est notoire que de nouveaux usages, singulièrement des pratiques culturales ou l'arasement des haies ont eu un impact très fort, bien plus important que la disparition de certains de ces barrages.

S'agissant du problème des poissons migrateurs, il me semble important de ne pas le considérer à partir de l'amont des cours d'eau, mais de leur aval. En effet, comment demander à quelqu'un d'entretenir son barrage alors qu'aucun poisson migrateur n'y passe ?

Par ailleurs, il convient de garder à l'esprit que la charge comme la qualité des sédiments dépend assez largement de certaines pratiques culturales dont nous n'avons pas entendu parler aujourd'hui. Tant que cette question ne sera pas traitée, toute action demeurera inefficace.

Je ne suis donc pas tout à fait sûr que nous visions la bonne cible, ou plutôt : celle que nous visons n'a d'intérêt que si l'on se préoccupe des autres sujets.

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