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Intervention de Guillaume Chevrollier

Réunion du 23 novembre 2016 à 9h45
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGuillaume Chevrollier :

Comme je peux le constater dans le département de la Mayenne, la réforme française de la continuité écologique ne se fait pas de manière paisible, loin de là. Une fois encore, notre pays s'illustre par son jusqu'au-boutisme en matière environnementale, et par des « surtranspositions ».

La loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 avait notamment pour mission de mettre en application la DCE du 23 octobre 2000, mais comme souvent, elle a donné lieu à une transposition excessive. L'effacement des seuils et des barrages est donc devenu un dogme dans notre pays.

Plusieurs reproches peuvent être faits à cette politique. D'abord, dans de nombreux cas, sur le terrain, elle a été mise en oeuvre de manière brutale et sans concertation. Ensuite, elle s'est appliquée de manière inégale sur notre territoire selon les différentes agences de l'eau. Par ailleurs, cette politique n'a pas fait l'objet de suffisamment d'analyses et d'études – si les objectifs d'amélioration de la circulation des poissons et d'optimisation du transport sédimentaire sont louables, il convient de procéder au cas par cas. Enfin, cette politique a un coût non négligeable, souvent disproportionné, et ce critère n'est pas assez pris en compte.

Il convient donc de relancer le dialogue, et de faire une pause, tant les riverains sont inquiets et mécontents. Le pragmatisme doit prévaloir pour améliorer les milieux aquatiques tout en tenant compte des dimensions économiques, culturelles, sociales et patrimoniales de nos rivières. Il semble, en conséquence, qu'un travail législatif s'impose.

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