Intervention de David Douillet

Séance en hémicycle du 3 octobre 2013 à 15h00
Prêt à taux zéro pour l'aménagement du domicile des personnes handicapées — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDavid Douillet :

Monsieur le président, madame la ministre, monsieur le rapporteur, chers collègues, cette proposition de loi et les principes qui ont présidé à sa rédaction ont été brillamment présentés par les orateurs précédents, notamment M. Darmanin et Mme Poletti. Aussi, je reviendrai sur un seul point, essentiel à mes yeux : l’État doit faciliter la vie de celles et ceux qui sont confrontés au handicap. J’ai pu le constater dans une vie antérieure, ce principe fondamental n’est toujours pas respecté.

Le besoin manifeste que les familles pourraient avoir d’un tel dispositif m’est apparu avec évidence lorsque j’ai rencontré avec Gérald Darmanin, dans sa circonscription, les parents de Célia. Nous avons alors pris la mesure des sacrifices qu’ils avaient dû consentir pour pouvoir offrir à leur petite fille un espace de vie adapté à ses besoins, qui lui permettrait de continuer à progresser.

Vous le savez tous ici, j’ai eu l’occasion durant de longues années de participer à l’opération « pièces jaunes », portée par la Fondation Hôpitaux de Paris - Hôpitaux de France, dont l’objectif est d’améliorer les conditions de vie des enfants et des adolescents dans les hôpitaux. J’ai croisé énormément d’enfants et de jeunes touchés de plein fouet – et de façon toujours injuste – par la maladie, et la violence de ces histoires continue encore de m’émouvoir. Dans ces cas-là, les répercussions sont immenses et s’étendent au cercle familial. Il convient alors de conserver à cette « nouvelle » famille son cadre de vie, et pour cela, de l’adapter.

Durant ces treize années, je me suis rendu compte que le plus puissant des remèdes, c’était l’amour que les proches, soudés, pouvaient porter aux personnes malades et handicapées. L’équipe des « pièces jaunes » s’est évertuée à financer beaucoup de « maisons des parents », pour faciliter le rapprochement géographique et pour qu’avec la présence des parents ce puissant remède puisse s’exercer.

Cette proposition de loi concerne, elle, la maison des parents, leur chez-eux. Car beaucoup de ces histoires se soldent par l’explosion du cercle familial, la séparation des parents. Madame la ministre, vous dites avec raison que ce texte ne concerne qu’une partie de ces personnes, celles qui peuvent financer ces adaptations. Mais j’ai envie de vous répondre : « commençons par quelque chose, puisque rien n’est fait jusqu’à présent !» Il s’agirait d’une première avancée et nous pourrions travailler ensuite pour que ceux qui n’ont pas les moyens de contracter un emprunt se voient offrir les mêmes possibilités. Je ne comprends pas que vous raisonniez ainsi, sauf à vouloir retarder encore les choses.Votons cette proposition de loi, ensemble !

Il existe une tranche intermédiaire de la population : ceux qui ne sont pas suffisamment riches pour payer ces travaux, mais pas assez pauvres pour avoir accès à toutes les aides. Faut-il qu’elle se voie aussi ôter cette possibilité d’emprunter, qui allégerait leur fardeau ? C’est de cela que nous parlons, et c’est urgent : on ne peut différer la maladie ou l’accident, on y est confronté instantanément et les besoins sont immédiats.

Le rendu de la commission m’a beaucoup attristé, tout comme les arguments que vous avez présentés, madame la ministre, pour rejeter cette proposition de loi. Il faudra bien expliquer aux Français comment une proposition de loi, si ancrée dans la vie quotidienne des parents de personnes handicapées et visant uniquement l’intérêt général, peut être rejetée au prétexte qu’elle ne satisfait pas tout le monde.

Avançons au moins, et réglons une petite partie du problème : un plafond de 32 500 euros, ce n’est pas le bout du monde ! Faire des travaux pour faciliter le passage d’une porte, d’une marche, obstacles soudain insurmontables pour un gamin en fauteuil ou une personne âgée, ce n’est pas grand-chose, mais cela chiffre tout de suite. Cela représente quelques milliers d’euros, mais il s’agit d’un besoin immédiat. Pourquoi refuser ce genre d’initiatives ? Pour des réalisations qui vaudront sans doute plus cher, des centres qui coûteront des dizaines de millions d’euros ?

Nous ne sommes pas devant vous par hasard. La demande existe, elle est forte !

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