Intervention de Élisabeth Guigou

Réunion du 20 janvier 2015 à 16h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉlisabeth Guigou, présidente :

Nous avons le plaisir d'accueillir M. François Delattre, ambassadeur, représentant permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations unies. Merci, monsieur l'ambassadeur, d'avoir accepté mon invitation.

Cette audition pourrait être l'occasion d'évoquer les premiers enseignements que vous tirez de vos premiers mois dans cette fonction, qui vous place au coeur du système des Nations unies et en contact direct avec les principaux acteurs diplomatiques internationaux. Je rappelle que vous êtes en poste depuis le mois de septembre dernier.

Vous pourriez également revenir sur les priorités de la France pour les prochains mois dans le cadre des Nations unies, ainsi que sur les principales crises internationales dont vous avez à connaître. Comme nous ne pourrons pas aborder cet après-midi tous les dossiers, je vous propose de commencer par la Syrie, l'Irak et le Proche-Orient.

En ce qui concerne la Syrie, plusieurs initiatives ont été lancées afin d'essayer de sortir du blocage diplomatique : d'une part, une initiative russe de dialogue entre le régime syrien et l'opposition, qui pourrait avoir lieu à Moscou à la fin du mois ; d'autre part, la proposition du nouvel envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. de Mistura, d'un « gel des combats » qui pourrait servir de base pour la reprise d'un processus politique. Comment jugez-vous les chances de succès de ces deux initiatives ?

S'agissant de l'Irak, comment évaluez-vous la cohésion de la vaste coalition internationale contre Daesh et le degré d'engagement de ses différents partenaires – notamment les pays du Golfe et la Turquie ? Quelles seraient les marges de progrès ? Par ailleurs, comment voyez-vous le processus de réconciliation nationale en Irak ? Où en est-on ? Et comment encourager ce processus indispensable pour une solution politique durable ?

Nous serons aussi particulièrement attentifs à ce que vous pourrez nous dire du conflit au Proche-Orient. Il y a eu une proposition de résolution déposée par l'Autorité palestinienne sur laquelle la France a beaucoup travaillé et qu'elle a soutenue mais qui, au dernier moment, n'a pas été adoptée par le Conseil de sécurité. Les négociations bilatérales sous l'égide américaine semblent vouées à l'échec, les positions des deux parties ne cessant de s'écarter. Or nous savons à quel point le statu quo est dangereux. La France a proposé l'organisation d'une conférence internationale, selon une méthode renouvelée qui associerait les États-Unis, l'Europe et les pays arabes. Comment selon vous faire en sorte que cette initiative n'ait pas le même sort que les précédentes ? L'adoption d'une résolution au sein du Conseil de sécurité fixant des paramètres clairs et un calendrier précis aux négociations vous semble-t-elle plausible ? Quel est l'état de notre discussion avec les États arabes, notamment la Jordanie, l'Égypte et l'Arabie saoudite ? Par ailleurs, les États-Unis, qui ont tendance en ce moment à reléguer le conflit israélo-palestinien au second plan, après la Syrie ou l'Irak, pourraient-ils se laisser convaincre ?

Enfin, la Palestine a obtenu son adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) et le Bureau du Procureur de celle-ci a procédé à un examen préliminaire sur la situation dans ce pays. Quelles peuvent être selon vous les conséquences de cette adhésion, qui s'est accompagnée d'une demande d'adhésion à une vingtaine d'autres organes ? Plus généralement, pourriez-vous nous éclairer sur la stratégie palestinienne à l'ONU, qui peut parfois sembler contre-productive ?

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