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Interventions sur "culturel"

362 interventions trouvées.

Photo de Chantal BourraguéChantal Bourragué, co-rapporteure :

Il est symbolique que nous achevions cette législature avec un rapport sur un sujet qui sera l'une des grandes questions du siècle à venir. Contrairement aux grandes puissances qui diminuent leurs efforts en matière culturelle, les BRIC'S ont multiplié les initiatives en faveur de leur rayonnement culturel. Celles que nous appellerons les puissances de second rang ont toutes compris l'intérêt de la culture pour déployer leur influence sur la scène internationale. La réussite économique, la satisfaction des besoins intérieurs nouveaux que celle-ci a créés, la volonté de contenir l'influence américaine comme les opport...

Photo de Didier MathusDidier Mathus, co-rapporteur :

Le premier moyen utilisé par les pays émergents est la diplomatie culturelle qui s'appuie sur un réseau d'influence. En Chine, le dispositif s'articule autour des neuf centres culturels et des Instituts Confucius, même si ces derniers ont d'abord une vocation linguistique sur laquelle je reviendrai. La politique culturelle brésilienne va de pair avec l'expansion diplomatique : 68 ambassades ont été créées récemment, souvent avec une dimension culturelle. Le gouvernement...

Photo de Chantal BourraguéChantal Bourragué, co-rapporteure :

En conclusion, en dépit des nombreuses réalisations que M. Mathus vient de vous exposer, je voudrais souligner les limites actuelles des politiques d'influence culturelle mises en oeuvre par les pays émergents. La première d'entre elles tient aux moyens consacrés à cette politique, qu'ils soient financiers ou humains. Tous les pays émergents ne peuvent consacrer à leurs outils d'influence les sommes considérables dépensées par la Chine. L'autre difficulté provient du manque d'expertise. La seconde limite concerne l'implication à géométrie variable des pouvoirs...

Photo de Hervé de CharetteHervé de Charette :

Je vous remercie pour cet exposé très intéressant sur un sujet important. La politique étrangère française a toujours sous-estimé ce volet de l'action internationale : le rayonnement culturel est loin d'être la priorité de nos ambassadeurs, bien qu'il relève incontestablement du ministère des affaires étrangères alors que les compétences du ministère de la culture sont limitées au territoire français ; il en résulte que ce sont ces moyens qui sont les premières victimes de restrictions budgétaires de plus en plus marquées depuis une quinzaine d'années. Pourtant, si nous pensons que la...

Photo de François RochebloineFrançois Rochebloine :

Comme les rapporteurs l'ont indiqué, le rayonnement des pays émergents repose sur l'organisation de grands événements, culturels, mais aussi sportifs. Ce fut le cas des Jeux olympiques de Pékin et des Jeux du Commonwealth en Inde, d'importantes compétitions de football au Brésil et, très prochainement, en Russie. Selon vous, comment le rayonnement de la France évolue-t-il dans les pays émergents ? La réduction des moyens financiers a-t-elle des conséquences négatives observables ?

Photo de Didier MathusDidier Mathus, co-rapporteur :

..., lorsqu'il en existe un, comme en Chine, il n'a qu'un rôle modeste au regard de celui du ministère de la culture français , ensuite parce qu'une part du financement relève du secteur privé, ce qui est le cas de Bollywood, par exemple. La liberté est sous contrôle en Chine, c'est évident, Chantal Bourragué y reviendra. Ces pays sont très demandeurs de partenariats avec les grandes institutions culturelles françaises car notre pays bénéficie d'une excellence image dans ce domaine. Ainsi, Shanghai souhaite construire, à court terme, sur le site de l'exposition universelle, deux musées directement inspirés du modèle du centre Pompidou et du musée d'Orsay ; la ville voudrait mettre en place un partenariat avec les musées français pour ce faire. De même, Singapour a développé un projet de musée nati...

Photo de Chantal BourraguéChantal Bourragué, co-rapporteure :

...s musées sont très demandés, de même que les années croisées : année de la Russie en France, de la France en Russie, de l'Inde aussi. Ce sont des échanges très valorisés, de même que ceux entre musées, également très demandés. La présence et les budgets français ne sont pas suffisants mais dans le même temps, la France reste le modèle. C'est indéniable et c'est important de savoir que la liberté culturelle, l'attractivité de la France, sont prises en compte et que la demande d'expertise française reste forte lorsqu'il s'agit de créer un musée ou de définir une politique d'attractivité des artistes. Puis la commission autorise la publication du rapport d'information.

Photo de Michèle TabarotMichèle Tabarot, présidente :

Nous sommes réunis pour examiner le rapport de la mission d'information sur les nouvelles formes du mécénat culturel. Je salue son président-rapporteur, Michel Herbillon, que je remercie d'avoir mené à bien ce travail très important pour ouvrir les voies de la relance du mécénat culturel dans un environnement économique et financier difficile. Je crois savoir que le rapport dont nous allons, je l'espère, autoriser la publication a été adopté la semaine dernière par la mission d'information, ce dont je me féli...

Photo de Michel HerbillonMichel Herbillon, rapporteur :

Après plusieurs mois de travaux, notre mission d'information sur les nouvelles voies du mécénat culturel présente aujourd'hui ses conclusions, adoptées à l'unanimité de ses membres, ce qui traduit l'esprit constructif qui a présidé à nos relations. Je remercie mes excellents collègues de leur contribution et de l'accueil bienveillant qu'ils ont bien voulu accorder aux propositions que je leur ai soumises. Je salue également la présence de nos éminents invités, qui ont nourri nos travaux de leur expé...

Photo de Monique BoulestinMonique Boulestin :

En tant que membre de la mission d'information, je tiens à saluer la qualité du rapport qui nous a été présenté et remercier les diverses personnalités que nous avons auditionnées. Nous connaissons et saluons les efforts consentis par les entreprises dans le domaine du mécénat culturel, de même que par les fondations, dont la Fondation du patrimoine. Par ailleurs, comme l'a souligné le rapporteur, le rôle du mécénat populaire n'est plus à démontrer, tant pour l'achat d'oeuvres d'art que pour la rénovation de bâtiments. Le mécénat culturel joue donc un rôle de soutien essentiel pour les grands équipements culturels, de même que pour le petit patrimoine vernaculaire régional qui ...

Photo de Michel HerbillonMichel Herbillon, rapporteur :

Je remercie Mme Boulestin pour son intervention ainsi que pour sa participation aux travaux de la mission d'information. Je partage son analyse concernant l'importance du mécénat populaire ; nous sommes également tous d'accord sur la nécessité d'une démocratisation de l'accès à notre patrimoine culturel, qui doit être ouvert au plus grand nombre. Je tiens à rassurer Mme Boulestin : le rapport ne s'inscrit nullement dans un appel à un désengagement de l'État. Le mécénat culturel ne doit évidemment pas se substituer à l'action déterminante de l'État, auquel il revient de conduire la politique culturelle. Il en constitue un complément, dans un contexte marqué à la fois par la rareté de la ressourc...

Photo de Marcel RogemontMarcel Rogemont :

...ébuté son propos en citant Michel Serres qui déclarait que « la création ne peut pas survivre par soi-même. Elle meurt sans mécène et ne vit que de lui ». Certes, mais le principal mécène de la culture demeure la puissance publique. Peut-être le rapport aurait-il dû insister davantage sur ce point, car, à trop parler du mécénat, on pourrait laisser croire que l'avenir financier des établissements culturels résiderait essentiellement dans les moyens qu'y consacre le mécénat privé qui n'est d'ailleurs que partiellement privé, en raison de la dépense fiscale consentie en sa faveur. On peut également noter que notre dispositif fiscal en faveur du mécénat, parfois critiqué, se révèle, en réalité, plus efficace que les dispositifs américain, britannique ou allemand. Ce ne sont donc pas des préconisat...

Photo de Muriel Marland-MilitelloMuriel Marland-Militello :

...jeunes artistes émergents ou innovants. Nous savons que seul le temps donne une légitimité aux artistes, dans le domaine du spectacle vivant comme dans celui des arts plastiques. Je trouve donc formidable que des gens prennent le risque d'encourager de jeunes artistes qui, sans ce soutien, disparaîtraient peut-être. Les fonds régionaux d'art contemporain et les directions régionales des affaires culturelles font certes ici du bon travail, mais ce n'est pas suffisant. Si l'on favorisait le mécénat qui se porte vers la scène émergente, ceci assurerait tout d'abord un enrichissement de notre futur patrimoine. Mais ceci constituerait également, sur le plan éthique, une reconnaissance pour les mécènes qui savent prendre des risques sur un coup de coeur.

Photo de Françoise de PanafieuFrançoise de Panafieu :

.... En tout cas, il me paraît profondément sain d'associer le secteur privé, les entreprises, les mécènes, à une démarche structurée par l'État ou les collectivités territoriales. Il faut avancer sans oeillères, en veillant à ce que l'État remplisse son rôle, comme il l'a toujours fait au cours de notre histoire. Chacun peut y trouver son compte. Je me souviens, lorsque j'étais chargée des affaires culturelles de la ville de Paris, de la restauration très lourde des statues de la place de la Concorde représentant les grandes villes de France. Nous avons été accompagnés par l'entreprise Béghin Say sans pour autant que la ville de Paris ou l'État ne se défausse. Cette entreprise nous disait qu'elle avait trouvé là le moyen de fédérer son personnel et à quel point celui-ci était fier de cet accompagnem...

Photo de Jacques GrosperrinJacques Grosperrin :

... l'éclairage qu'elles nous ont apporté. Il est vrai qu'il est toujours vulgaire de parler d'argent, surtout dans le domaine de la culture. Dans le milieu du sport, où il s'agit plus de « sponsoring » que de mécénat, on ressent moins cet embarras. Je soumets deux questions au rapporteur. La première porte sur le rôle « essentiel », pour reprendre son terme, des directions régionales des affaires culturelles. J'aimerais avoir davantage d'informations à ce sujet. La seconde a trait au rôle des collectivités territoriales en matière de spectacle vivant : n'y a-t-il pas là matière à réflexion ?

Photo de Michel HerbillonMichel Herbillon, rapporteur :

...les des déductibilités fiscales. C'est là que se trouve en effet le gisement des mécénats futurs. Au-delà de ce seul aspect fiscal, le développement du mécénat des PME est également d'un grand intérêt dans le cadre régional. Une PME ou un club de PME qui se mobilisent dans ce cadre, comme ce fut le cas par exemple pour la restauration du château d'Angers, donnent une grande lisibilité aux projets culturels ainsi soutenus. Le rôle des directions régionales des affaires culturelles est évidemment essentiel. Elles disposent d'ores et déjà, en leur sein, de correspondants mécénat. Ce développement régional articulé avec un pilotage renforcé par le ministère de la culture nous dotera d'une structure adaptée au développement du mécénat. En réponse à notre collègue Françoise de Panafieu, outre le rôle ...

Photo de Michel HerbillonMichel Herbillon, rapporteur :

Je remercie M. Alain Seban d'avoir précisé qu'un certain nombre d'emplois sont financés par le mécénat, les emplois hors plafond, très importants pour les institutions culturelles, et d'avoir souligné la nécessité d'une mise en place de règles éthiques face à une concurrence accrue dans la recherche de mécènes. J'ai également pris bonne note de son plaidoyer en faveur du mécénat des particuliers et du mécénat étranger. Je prends acte du regret exprimé par M. Jean-François Hebert face à l'absence dans le rapport de proposition de modification de la nature des dons ouvra...

Photo de Patrick BlochePatrick Bloche :

Je voudrais préciser le sens du vote des députés SRC de la commission. Nous aurions pu voter pour l'autorisation de la publication de ce rapport, dont certaines préconisations rejoignent nos préoccupations et qui constitue un excellent bilan de la réalité du mécénat culturel en France. De plus, M. Michel Herbillon l'a souligné avec pertinence, « le mécénat n'est pas là pour assurer les fins de mois d'un État nécessiteux », comme l'aurait dit Jacques Rigaud. Il ne s'agit donc pas de substituer le mécénat à la défaillance de l'État culturel. Dès lors, nous ne pouvions voter contre. L'abstention aurait marqué un désintérêt. Nous n'avons donc pas participé au vote du fai...

Photo de Catherine VautrinCatherine Vautrin, présidente :

La parole est à M. Éric Berdoati, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, pour donner l'avis de la commission sur l'amendement n° 48.

Photo de Eric BerdoatiEric Berdoati, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l'éducation :

...euro symbolique ! Après un certain nombre de travaux, ce bien, toujours classé, de 2 500 mètres carrés abrite aujourd'hui l'ECLA notre MJC et a une vraie vie. Qu'un bien soit propriété de l'État ne garantit pas forcément sa vie. La création du Haut conseil du patrimoine tend à nous prémunir des dérives. En effet, ce conseil émettra un avis avant tout transfert à partir de la valeur du projet culturel. Ce principe d'inaliénabilité ne doit pas dépendre de la notion de propriété. La commission a, par conséquent, émis un avis défavorable