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Interventions sur "darfour"

7 interventions trouvées.

Axel PoniatowskiAxel Poniatowski, Président :

Nous allons maintenant examiner le rapport de nos collègues Patrick Labaune et Serge Janquin sur la situation au Soudan et la question du Darfour.

Patrick LabaunePatrick Labaune :

... mondes noir et arabe, entre désert au nord et forêt tropicale au sud. Avec 40 millions d'habitants, le Soudan est partagé entre une population musulmane au nord, animiste et chrétienne au sud. Dans ce bloc Nord désertique, arabo-musulman, on constate des modes de production différents entre agriculteurs sédentaires le long du Nil (Ja'aliyin) et les nomades de bovins ou chameliers au Kordofan, au Darfour et dans les régions de l'Est. A ces divisions économico-sociales viennent s'ajouter les divisions ethniques (on compte 57 groupes ethniques) et tribales (quelque 570 tribus). Mais ces clivages sociologiques ne sont que des instruments, des alibis, des outils. A voir cette immensité géographique allant du désert à la forêt tropicale, traversée par de nombreux clivages (noirarabe ; musulmanschré...

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

...ale. Pourtant, nous ne pourrons qu'observer, pour le regretter, que la communauté internationale, et particulièrement l'ONU, bien qu'alertée n'est intervenue face aux crises soudanaises que fort tardivement, pas avant la fin des années 1990, alors que le conflit si meurtrier Nord-Sud (2,5 millions de morts) s'était installé dès les lendemains de l'indépendance, en tout cas bien avant la crise du Darfour. Qu'est-ce qui s'est passé pour que le Soudan vienne ainsi au devant de la scène ? En premier lieu, le Soudan, longtemps plateforme refuge du terrorisme international a voulu sortir de son isolement afin de pouvoir exploiter ses ressources pétrolières. Pour leur part, les Etats-Unis, notamment après le 11 septembre 2001, voulaient renforcer leur lutte contre l'islamisme radical, et n'étaient sû...

Renaud MuselierRenaud Muselier :

J'ai pu effectuer, dans le cadre de mes fonctions ministérielles, un déplacement d'une semaine au Soudan en hiver 2003, au lendemain des accords de sécurité entre le Nord et le Sud et à la veille du vote par le Conseil de sécurité des Nations unies de sa résolution 1564. J'ai eu la chance de rencontrer John Garang, puis je suis allé au Darfour où j'ai pu constater l'usage des doubles discours, du double langage, qui laissaient présager de la suite des événements. Le rapprochement entre MM. Béchir et Garang doit être replacé dans le contexte de l'affrontement Nord Sud, qui a causé 2,5 millions de morts. Il est clair qu'il y a eu une volonté de réconciliation, mais entre deux personnes qui ne pouvaient pas s'entendre. Il était évident...

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

... devenus des frères ennemis qui lancent régulièrement des offensives l'un contre l'autre. Il faut sécuriser une frontière qui est aujourd'hui une passoire. De même, la République centrafricaine est victime de l'instabilité que provoque la présence de rebelles dans ses régions frontalières, ce qui compromet tout progrès démocratique dans le pays, alors que les élections approchent. La question du Darfour est venue « faire écran » aux yeux de la communauté internationale quand la mise en oeuvre du CPA aurait dû constituer la première des priorités. Dans la relation avec l'Égypte, la répartition des eaux du Nil est un sujet essentiel. Si ce pays a hâté à ce point la conclusion d'un accord avec le Soudan, c'était avant tout pour éviter qu'un État tiers ne revendique sa part de la ressource. À l'év...

Patrick LabaunePatrick Labaune, Rapporteur :

...urces tandis que le Sud, lésé économiquement, voyait son organisation ethnique mieux prise en compte. Total dispose d'une zone de prospection immense dans la partie orientale du Sud Soudan, aujourd'hui inexploitée car, comme nous l'a indiqué le représentant de la compagnie sur place, il n'est pas envisageable de prospecter dans un tel climat d'instabilité le Sud est encore plus instable que le Darfour et d'autre part, chacun attend le référendum de 2011 et la sécession qui s'ensuivra inéluctablement. La grande majorité des habitants du Nord Soudan sont des musulmans pratiquants. Pourtant nous avons pu observer à Khartoum contrairement à l'abaissement manifeste des femmes dont nous avons été les témoins à Doha une relative décontraction vestimentaire féminine. Personnellement, j'estime q...

Patrick LabaunePatrick Labaune, Rapporteur :

En réponse à l'intervention de Mme Martine Aurillac, je suggérerais la création d'un groupe d'études à vocation internationale sur le Sud Soudan, pour anticiper la sécession et le suivi de cette question. Les camps de réfugiés nous en avons visité un aux portes du Darfour regroupent 300 000 personnes au Tchad et plusieurs centaines de milliers au Soudan. Il faut reconnaître que la situation s'y améliore, même si un responsable de l'ONU a qualifié devant nous la situation de « calme mais imprévisible ». Les réfugiés trouvent dans ces camps protection, nourriture, soins et éducation ; partir, ce serait pour eux perdre tout cela. Le principal problème rencontré est...

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