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Interventions sur "khartoum"

9 interventions trouvées.

Patrick LabaunePatrick Labaune :

...êt tropicale, traversée par de nombreux clivages (noirarabe ; musulmanschrétiensanimistes ; sédentairesnomades) et des divisions ethniques et tribales, on comprend tout de suite que le Soudan est un pays multiple et que les éléments centrifuges dominent. Le Soudan en tant qu'Etat-nation n'existe pas. Face à un pouvoir central des périphéries existent qui tentent soit de résister aux tentatives de Khartoum de nationaliser son autorité, soit d'accaparer une parcelle de pouvoir politique ou économique, comme ce fut le cas, au Sud Soudan, du MPLS de John Garang. Toute l'histoire politique du Soudan depuis son indépendance en 1956 va connaître une instabilité au sein du pouvoir central marquée par une succession de coups d'Etat interrompant des épisodes civils et des conflits à répétition entre ce pou...

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

...a fin des années 1990, le conduisent à une nouvelle diplomatie, qui le fait se tourner vers les Etats-Unis pour leur donner des gages et profiter des retombées pétrolières. Cette politique s'exprime notamment par l'offre, refusée par les Etats-Unis, de remise de Ben Laden, puis de collaboration avec le FBI et la CIA en 2001, acceptée cette fois par les services secrets américains. En même temps, Khartoum réaffirme à l'intérieur les principes de la charia et du jihad et ne dévie pas de sa route : l'islamisme est réaffirmé à l'intérieur comme à l'extérieur, la volonté de maintenir l'unité nationale s'opère par tous les moyens y compris dans le sang, mais le régime sait faire preuve de réalisme et de pragmatisme, quand la nécessité l'y oblige. Malgré la violence des affrontements du plus long, du p...

Lionnel LucaLionnel Luca :

...de l'influence islamiste au Soudan me paraissent très clairs : Al Qaida y est présent depuis longtemps et tout récemment, une journaliste a été condamnée pour tenue vestimentaire immorale. En un mot, l'islamisme au Soudan est-il seulement un affichage ? Par ailleurs, quel rôle la Chine a-t-elle décidé de jouer au Soudan ? Elle apparaît, dans ses prises de position, très proche du gouvernement de Khartoum

Renaud MuselierRenaud Muselier :

...le de John Garang dès mon retour. L'apaisement entre le Nord et le Sud a provoqué le désastre du Darfour. Quand j'y suis allé, j'ai constaté que la totalité des villages avait été rasée, que tous les hommes avaient été assassinés, ne laissant que les femmes, les enfants et les vieillards, cantonnés dans les camps de peur de devoir affronter la répression féroce des miliciens janjawid envoyés par Khartoum. La question se posait dès lors de savoir si nous étions en présence d'un génocide. Diplomatiquement, les Etats-Unis étaient présents au Sud par l'intermédiaire d'USAID auprès de M. Garang, la Chine était omniprésente pour récupérer un pétrole principalement situé au centre du pays, d'où il est difficile à exporter car se pose la question logistique de l'emplacement des oléoducs, et une pression...

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

... aurait représenté un symbole important pour l'Union africaine. Cependant cette unité doit demeurer l'objectif de long terme. Une administration transitoire sous contrôle international serait susceptible d'y oeuvrer mais cela aurait nécessité une réelle implication de la communauté internationale au cours des six dernières années ; il faut déplorer cette défaillance même si la responsabilité de Khartoum est immense. Que peut faire la France ? Son implication la plus utile devrait consister à pacifier les frontières avec le Tchad et avec la République centrafricaine. C'est notre intérêt comme celui de ces deux pays et du Soudan lui-même. Tchad et Soudan sont devenus des frères ennemis qui lancent régulièrement des offensives l'un contre l'autre. Il faut sécuriser une frontière qui est aujourd'hu...

Patrick LabaunePatrick Labaune, Rapporteur :

...nous l'a indiqué le représentant de la compagnie sur place, il n'est pas envisageable de prospecter dans un tel climat d'instabilité le Sud est encore plus instable que le Darfour et d'autre part, chacun attend le référendum de 2011 et la sécession qui s'ensuivra inéluctablement. La grande majorité des habitants du Nord Soudan sont des musulmans pratiquants. Pourtant nous avons pu observer à Khartoum contrairement à l'abaissement manifeste des femmes dont nous avons été les témoins à Doha une relative décontraction vestimentaire féminine. Personnellement, j'estime que l'islam est largement utilisé au Soudan comme prétexte, dans un but politique, pour conforter ou reconquérir le pouvoir. Maints exemples montrent que les élites du pouvoir central instrumentalisent l'islam en ce sens. Ainsi,...

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

Khartoum refuse catégoriquement toute implication du Conseil de sécurité des Nations unies dans les affaires du Soudan mais n'est pas hostile à l'implication de ses membres permanents, s'ils agissent hors du cadre onusien. Il y a là une piste à explorer pour apaiser les tensions locales.

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

J'ajoute que Khartoum craint beaucoup l'implication directe des troupes françaises présentes au Tchad et à Djibouti.

Patrick LabaunePatrick Labaune, Rapporteur :

Le Sud se caractérise par ses vastes dimensions et la multiplicité des tribus qui le peuplent. L'instabilité qui y règne est due, premièrement, aux menées du pouvoir de Juba, deuxièmement, aux rivalités traditionnelles entre tribus sur la propriété foncière, et enfin à la politique du « diviser pour mieux régner » utilisée par Khartoum. Le pouvoir de tel ou tel des anciens résistants du Sud Soudan contre le pouvoir du Nord existe mais il est toujours fluctuant. Ces hommes ne jouissent pas d'une grande popularité. À cela s'ajoutent les multiples divisions entre pouvoir politique et « pouvoir pétrolier », le tout privant le futur État du Sud de viabilité. Notre collègue Jacques Myard a raison de dire qu'il n'y a pas d'État nati...

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