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Interventions sur "nord"

44 interventions trouvées.

Éric RaoultÉric Raoult, rapporteur :

Le président de la République dominicaine, Leonel Fernández, que nous avons reçu récemment, nous avait fait part de son désir de voir se renforcer les liens et les relations entre nos deux pays. Il avait indiqué que son pays était devenu un lieu de transit pour le trafic de cocaïne, produite au Sud et consommée au Nord. J'avais fait appel à sa mansuétude, connaissant le cas de nombreux jeunes ressortissants de notre pays condamnés à de lourdes peines de prison, essentiellement pour ces motifs. Je lui avais rappelé qu'en matière de trafic de drogue, il arrivait à nos concitoyens de commettre des erreurs, dans son pays comme dans le nôtre, et que j'en avais la preuve jour après jour dans ma circonscription. Une ...

Patrick LabaunePatrick Labaune :

Le Soudan, c'est 2,5 millions de km2, soit cinq fois la France, le dixième pays au monde par sa superficie, géographiquement situé à la charnière des mondes noir et arabe, entre désert au nord et forêt tropicale au sud. Avec 40 millions d'habitants, le Soudan est partagé entre une population musulmane au nord, animiste et chrétienne au sud. Dans ce bloc Nord désertique, arabo-musulman, on constate des modes de production différents entre agriculteurs sédentaires le long du Nil (Ja'aliyin) et les nomades de bovins ou chameliers au Kordofan, au Darfour et dans les régions de l'Est. A ce...

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

...résident El Béchir est aujourd'hui le seul chef d'Etat en exercice placé sous mandat d'arrêt par la Cour pénale internationale. Pourtant, nous ne pourrons qu'observer, pour le regretter, que la communauté internationale, et particulièrement l'ONU, bien qu'alertée n'est intervenue face aux crises soudanaises que fort tardivement, pas avant la fin des années 1990, alors que le conflit si meurtrier Nord-Sud (2,5 millions de morts) s'était installé dès les lendemains de l'indépendance, en tout cas bien avant la crise du Darfour. Qu'est-ce qui s'est passé pour que le Soudan vienne ainsi au devant de la scène ? En premier lieu, le Soudan, longtemps plateforme refuge du terrorisme international a voulu sortir de son isolement afin de pouvoir exploiter ses ressources pétrolières. Pour leur part, le...

Michel TerrotMichel Terrot :

Ma question principale concerne l'opinion qu'ont les rapporteurs sur la décision de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye au sujet de la délimitation de la frontière entre le Nord et le Sud Soudan. Ma seconde question, subsidiaire, concerne Total. Cette entreprise possède une concession dans la zone Sud, mais ne l'exploite pas actuellement. Est-ce dû à l'insécurité régnant dans la région, ou bien la compagnie Total attend-elle l'indépendance du Sud pour négocier avec les nouvelles autorités ?

Renaud MuselierRenaud Muselier :

J'ai pu effectuer, dans le cadre de mes fonctions ministérielles, un déplacement d'une semaine au Soudan en hiver 2003, au lendemain des accords de sécurité entre le Nord et le Sud et à la veille du vote par le Conseil de sécurité des Nations unies de sa résolution 1564. J'ai eu la chance de rencontrer John Garang, puis je suis allé au Darfour où j'ai pu constater l'usage des doubles discours, du double langage, qui laissaient présager de la suite des événements. Le rapprochement entre MM. Béchir et Garang doit être replacé dans le contexte de l'affrontement Nord...

Serge JanquinSerge Janquin, rapporteur :

...e la communauté internationale quand la mise en oeuvre du CPA aurait dû constituer la première des priorités. Dans la relation avec l'Égypte, la répartition des eaux du Nil est un sujet essentiel. Si ce pays a hâté à ce point la conclusion d'un accord avec le Soudan, c'était avant tout pour éviter qu'un État tiers ne revendique sa part de la ressource. À l'évidence, la partition du Soudan entre Nord et Sud donnera naissance à deux États faillis, non viables : au Sud du fait de l'insécurité constante et de la dramatique pénurie alimentaire ; au Nord par défaut de recettes pétrolières. C'est donc bien l'unité qu'il faudrait préserver ; elle est malheureusement tout près de disparaître.

Patrick LabaunePatrick Labaune, Rapporteur :

La décision rendue à La Haye fin juillet 2009 a représenté un habile arbitrage entre Nord et Sud : le Nord y gagnait la majorité des ressources tandis que le Sud, lésé économiquement, voyait son organisation ethnique mieux prise en compte. Total dispose d'une zone de prospection immense dans la partie orientale du Sud Soudan, aujourd'hui inexploitée car, comme nous l'a indiqué le représentant de la compagnie sur place, il n'est pas envisageable de prospecter dans un tel climat d'inst...

Patrick LabaunePatrick Labaune, Rapporteur :

...ar ses vastes dimensions et la multiplicité des tribus qui le peuplent. L'instabilité qui y règne est due, premièrement, aux menées du pouvoir de Juba, deuxièmement, aux rivalités traditionnelles entre tribus sur la propriété foncière, et enfin à la politique du « diviser pour mieux régner » utilisée par Khartoum. Le pouvoir de tel ou tel des anciens résistants du Sud Soudan contre le pouvoir du Nord existe mais il est toujours fluctuant. Ces hommes ne jouissent pas d'une grande popularité. À cela s'ajoutent les multiples divisions entre pouvoir politique et « pouvoir pétrolier », le tout privant le futur État du Sud de viabilité. Notre collègue Jacques Myard a raison de dire qu'il n'y a pas d'État nation au Soudan, et raison de plaider pour que nous portions un intérêt renouvelé à l'Afrique...

Axel PoniatowskiAxel Poniatowski, président :

...t-il pas là quelque chose d'apparemment paradoxal, alors que la dégradation de l'environnement et les changements climatiques sont les conséquences directes de l'explosion de la consommation d'énergie ? À cet égard, la question des pôles et plus particulièrement de l'Arctique est loin d'être anecdotique. Outre son volet climatique, le sujet a un aspect géopolitique avec l'ouverture du passage du Nord-Ouest et l'exploration d'un territoire riche en ressources naturelles très convoitées, qui deviennent plus accessibles. En France, le Président de la République a chargé M. Michel Rocard de réfléchir à ce sujet ; je sais que vous vous préoccupez beaucoup de cette question et que vous avez appelé à une coopération régionale pour prévenir tout risque de tension dans la région. Nous vous écouterons...

Jean-Pierre DufauJean-Pierre Dufau :

Vous nous avez expliqué ce que laissent entrevoir les effets du changement climatique dans le Grand Nord pour la Norvège, la Russie, l'Union européenne et pour les pays d'Amérique du Nord. Quelles perspectives cette évolution ouvre-t-elle ? Envisage-t-on un accord international relatif à cet espace particulier, sur le mode de l'Union pour la Méditerranée ou avec une autre méthode ? D'autre part, le temps n'est-il pas venu de revoir les objectifs de l'OTAN ? Au Moyen-Orient, est-il utopique de penser...

Axel PoniatowskiAxel Poniatowski, président :

Monsieur Jack Lang, cet automne, vous avez été chargé par le Président de la République d'une mission d'information sur la Corée du Nord, afin de proposer des initiatives que « la France pourrait entreprendre pour contribuer au règlement de la crise nord-coréenne » et de procéder à « l'analyse sur les circonstances qui pourraient conduire la France à envisager l'établissement de relations diplomatiques avec la République démocratique de Corée », en tenant compte de la nécessité de progrès sur les questions du nucléaire, des relati...

Jack LangJack Lang :

La France est le seul pays de l'Union européenne, avec la Lettonie, à ne pas reconnaître l'État nord-coréen, à n'entretenir aucune relation diplomatique avec lui depuis la guerre de Corée. Je ne reviens pas sur les raisons de cet état de fait, structurelles et conjoncturelles. Au début des années 2000, lors de l'ASEM Asia-Europe Meeting , qui était présidé par Jacques Chirac, le climat de confusion avait généré des malentendus. En outre, les Européens n'ont peut-être pas eu, alors, la volonté...

Axel PoniatowskiAxel Poniatowski, président :

En juin dernier, au cours d'une table ronde sur la Corée du Nord, des spécialistes nous avaient expliqué que les stations de mesures n'avaient détecté aucune présence d'« isotopes radioactifs du gaz xénon » à la suite du deuxième essai qualifié de « nucléaire », réalisé le 25 mai 2009. Êtes-vous aujourd'hui en mesure de nous dire si des études permettent aujourd'hui de conclure que cet essai avait un caractère nucléaire ? Le 12 juin 2009, le Conseil de sécuri...

Dominique SouchetDominique Souchet :

Votre mission est-elle ponctuelle, ou appelée à se prolonger, notamment pour suivre l'évolution du dossier concernant l'ouverture d'un bureau de liaison à Pyongyang ? Le Japon semble le pays de la région le plus inquiet d'une reconnaissance de facto de la nucléarisation de la Corée du Nord. Comment les Japonais ont-ils perçu notre initiative ?

Jacques MyardJacques Myard :

Il faut reconnaître la Corée du Nord, et le plus tôt sera le mieux. Les tergiversations consistant à proposer l'ouverture d'un bureau de coopération sont inutiles. Au-delà de la « politique du ping-pong », seul compte le premier pas. L'après-guerre de Corée est loin. Je comprends que la Corée du Sud puisse s'interroger mais, que je sache, ce pays négocie de manière continuelle avec le côté Nord. Avec Jean-Michel Boucheron, nous avo...

Jack LangJack Lang :

...nce, par bonheur, s'y est opposée, presque unanimement. Le Parlement et le Gouvernement ont le devoir de confronter les données et de mieux nous informer. Les sanctions prononcées par les États-Unis sont effectives, notamment celles frappant certains dirigeants du pays, mais sont-elles efficaces ? Peuvent-elles conduire à un changement d'attitude ? Je ne suis pas le porte-parole du gouvernement nord-coréen, mon rêve de démocratie est tout autre, je crois l'avoir montré. Cela dit, les Nord-Coréens expliquent que la possession du parapluie nucléaire est légitime, pour des raisons tenant à leur souveraineté et à leur sécurité. Le nom du général de Gaulle, qui n'avait demandé l'autorisation à personne, a d'ailleurs été cité à plusieurs reprises je sais que cela n'a rien à voir mais je retransc...

Michel DestotMichel Destot :

Quelle est la situation sociale en Corée du Nord, notamment dans les campagnes, marquées par une extrême pauvreté, voire par la famine ? Les ONG ont-elles une latitude d'action suffisante pour être efficaces ?

Gérard VoisinGérard Voisin :

Le Président de la République a eu l'intelligence de vous confier cette mission mais elle ne va pas sans poser des problèmes : avec un ministre des affaires étrangères bis, comment la diplomatie française est-elle prise en compte ? Pour le Japon, la question de la Corée du Nord est cruciale ; c'est le premier pays concerné. Étant vice-président du groupe d'amitié France-Japon, je fréquente le gouvernement japonais depuis quinze ans. Si j'ai pu constater moi aussi que le nouveau gouvernement était porté par une vision nouvelle et désireux de régler ce problème, il n'en reste pas moins inquiet, voire fébrile.

Lionnel LucaLionnel Luca :

Vous avez évoqué votre « rêve de démocratie », alors que la Corée du Nord est un pays en plein cauchemar. Le sens de votre mission est ambigu car on peut se demander s'il ne vise pas à figer définitivement un état de fait, c'est-à-dire la partition, alors que ce peuple aspire à sa réunification. En ce vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, je me demande si ce n'est pas un peu décalé par rapport au sens de l'histoire.

Pascal ClémentPascal Clément :

...érait la réunification des deux Corées. Cela n'a rien à voir avec la partition entre Formose et la Chine, c'est un pays coupé en deux, avec, d'un côté, une monarchie héréditaire communiste, l'absence de la moindre trace de démocratie et des « villes Potemkine ». Quand je m'y suis rendu, il y a vingt ans, un député communiste qui m'accompagnait ne l'a pas supporté. La reconnaissance de la Corée du Nord facilitera-t-elle la réunification ? Il faut l'espérer, sinon, je ne vois pas quel serait son intérêt.

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