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Interventions sur "taliban"

106 interventions trouvées.

Photo de Axel PoniatowskiAxel Poniatowski, président :

...Réussir ce désengagement militaire alors que les conditions de la stabilisation de l'Afghanistan ne sont pas encore réunies est une entreprise délicate. Vous nous expliquerez les différentes options qui ont été envisagées et pourquoi celle-ci a été retenue. Plus généralement, votre audition est l'occasion d'examiner les chances de réussite de la stratégie des Alliés, qui consiste à combattre les talibans par des actions militaires résolues dans les régions où ils sont les mieux implantés, tout en préparant les autorités afghanes à prendre le relais sur le plan militaire, mais aussi et peut-être surtout sur celui de la gouvernance du pays, ce qui suppose de nets progrès dans la construction de l'armée et de la police afghanes et la consolidation de l'appareil d'État. Le succès dépend aussi de...

Photo de Guy TeissierGuy Teissier, président :

... sécurité des soldats. Mais, et nous l'avons évoqué récemment avec le ministre de la défense, il faut maintenant parler de véritables assassinats pour les derniers drames. Nous sommes, comme l'ensemble des Français, très touchés mais je voudrais que l'on mesure ce que pourrait signifier un retrait précipité : il ne pourrait être interprété que comme un signe de faiblesse par nos adversaires, les talibans. Je me félicite que le secrétaire américain à la défense, Leon Panetta, envisage que les forces américaines en Afghanistan passent d'ici à la fin 2013 « d'un rôle de combat à un rôle de formation, de conseil et d'assistance ». Voilà qui bat en brèche l'opinion selon laquelle nous serions à la remorque des Américains. Nous pouvons donc envisager, avec le Président de la République, un départ ord...

Photo de Jean GlavanyJean Glavany :

Je voudrais d'abord parler de civilisations. Je vais essayer de le faire sans soulever de remous Nous ne sommes évidemment pas en Afghanistan pour mener une guerre de civilisations ; mais sommes-nous sûrs que ce n'est pas ainsi qu'une partie de la population afghane perçoit la situation ? Le succès politique des talibans dans la population n'est-il pas fondé sur le sentiment d'une guerre de civilisations, menée par une armée d'occupation occidentale ? Peut-être devrions-nous en prendre conscience. À l'origine de notre engagement, il y a notre solidarité envers les États-Unis et le double objectif de renverser le régime taliban ce qui a été fait et de porter des coups à Al Qaida ce qui a été fait plus qu'o...

Photo de Jacques DesallangreJacques Desallangre :

Monsieur le ministre d'État, notre puissant allié américain négocie actuellement, nous dit-on, avec les talibans modérés. Mais qu'est-ce donc qu'un taliban modéré ? Un polygame modéré ? Quelqu'un qui ne lapidera que modérément une femme infidèle ou qui participera à l'élaboration d'une charia modérée ? Reconnaissez-vous ces talibans modérés comme une composante de la société afghane ? Puisque les Américains tentent de convaincre les talibans de s'exercer à la démocratie en vue de leur participation à la g...

Photo de Daniel GarrigueDaniel Garrigue :

Pourquoi ne prend-on pas mieux en compte toutes les ambiguïtés de la réalité afghane ? Le terme « taliban » lui-même recouvre une réalité diverse. Du temps de la présence soviétique, il y avait plusieurs groupes de résistance, en général fondés sur une base ethnique. La France était alors fortement engagée derrière le Jamiat-e-Islami du président Burhanuddin Rabbani et du commandant Massoud. Mais la principale force de résistance, soutenue par les États-Unis et qui ne passait pas pour faire partie de...

Photo de Axel PoniatowskiAxel Poniatowski, président :

...Réussir ce désengagement militaire alors que les conditions de la stabilisation de l'Afghanistan ne sont pas encore réunies est une entreprise délicate. Vous nous expliquerez les différentes options qui ont été envisagées et pourquoi celle-ci a été retenue. Plus généralement, votre audition est l'occasion d'examiner les chances de réussite de la stratégie des Alliés, qui consiste à combattre les talibans par des actions militaires résolues dans les régions où ils sont les mieux implantés, tout en préparant les autorités afghanes à prendre le relais sur le plan militaire, mais aussi et peut-être surtout sur celui de la gouvernance du pays, ce qui suppose de nets progrès dans la construction de l'armée et de la police afghanes et la consolidation de l'appareil d'État. Le succès dépend aussi de...

Photo de Guy TeissierGuy Teissier, président :

... sécurité des soldats. Mais, et nous l'avons évoqué récemment avec le ministre de la défense, il faut maintenant parler de véritables assassinats pour les derniers drames. Nous sommes, comme l'ensemble des Français, très touchés mais je voudrais que l'on mesure ce que pourrait signifier un retrait précipité : il ne pourrait être interprété que comme un signe de faiblesse par nos adversaires, les talibans. Je me félicite que le secrétaire américain à la défense, Leon Panetta, envisage que les forces américaines en Afghanistan passent d'ici à la fin 2013 « d'un rôle de combat à un rôle de formation, de conseil et d'assistance ». Voilà qui bat en brèche l'opinion selon laquelle nous serions à la remorque des Américains. Nous pouvons donc envisager, avec le Président de la République, un départ ord...

Photo de Jean GlavanyJean Glavany :

Je voudrais d'abord parler de civilisations. Je vais essayer de le faire sans soulever de remous Nous ne sommes évidemment pas en Afghanistan pour mener une guerre de civilisations ; mais sommes-nous sûrs que ce n'est pas ainsi qu'une partie de la population afghane perçoit la situation ? Le succès politique des talibans dans la population n'est-il pas fondé sur le sentiment d'une guerre de civilisations, menée par une armée d'occupation occidentale ? Peut-être devrions-nous en prendre conscience. A l'origine de notre engagement, il y a notre solidarité envers les Etats-Unis et le double objectif de renverser le régime taliban ce qui a été fait et de porter des coups à Al Qaida ce qui a été fait plus qu'o...

Photo de Jacques DesallangreJacques Desallangre :

Monsieur le ministre d'État, notre puissant allié américain négocie actuellement, nous dit-on, avec les talibans modérés. Mais qu'est-ce donc qu'un taliban modéré ? Un polygame modéré ? Quelqu'un qui ne lapidera que modérément une femme infidèle ou qui participera à l'élaboration d'une charia modérée ? Reconnaissez-vous ces talibans modérés comme une composante de la société afghane ? Puisque les Américains tentent de convaincre les talibans de s'exercer à la démocratie en vue de leur participation à la g...

Photo de Daniel GarrigueDaniel Garrigue :

Pourquoi ne prend-on pas mieux en compte toutes les ambiguïtés de la réalité afghane ? Le terme « taliban » lui-même recouvre une réalité diverse. Du temps de la présence soviétique, il y avait plusieurs groupes de résistance, en général fondés sur une base ethnique. La France était alors fortement engagée derrière le Jamiat-e-Islami du président Burhanuddin Rabbani et du commandant Massoud. Mais la principale force de résistance, soutenue par les Etats-Unis et qui ne passait pas pour faire partie de...

Photo de Françoise HostalierFrançoise Hostalier :

...taire dû à la transition va entraîner la disparition de ces moyens techniques très sophistiqués du théâtre afghan. Or j'ai l'impression qu'aujourd'hui, l'armée afghane est plutôt une force supplétive à la coalition qu'une armée de plein exercice. Dès lors, sa formation ne devrait-elle pas évoluer pour lui permettre d'agir en l'absence de ces moyens sophistiqués ? Sans disposer de tels moyens, les talibans arrivent à tenir de façon assez solide une partie du terrain.

Photo de Patricia AdamPatricia Adam :

Monsieur le ministre, pouvez-vous nous indiquer les raisons et les objectifs de la prochaine venue du président Karzaï à Paris ? J'imagine que des discussions sont déjà en cours sur les conditions du retrait à venir des forces de la coalition, et notamment de celles de la France. Pouvez-vous nous en dire plus ? Elles auront des conséquences sur le sommet de Chicago. Il semble que les talibans infiltrés dans l'armée afghane soient de plus en plus nombreux. Qui sont-ils ? Ont-ils été formés par nos armées ? Si tel était le cas, cela signifierait que leur présence dans l'armée afghane ne serait pas ponctuelle, pour la commission d'un acte de terrorisme, et que le phénomène et avec lui la pression des talibans pour nous pousser à accélérer notre départ pourrait s'accentuer dans les m...

Photo de Damien MeslotDamien Meslot :

Pensez-vous, monsieur le ministre, que, compte tenu de l'implantation forte des talibans dans les zones tribales du Pakistan et de l'action très équivoque de certains services pakistanais, il soit possible de garantir un minimum de stabilité à l'Afghanistan après le retour de nos troupes ? De toute évidence, certaines factions pakistanaises soutiennent les talibans. Les services pakistanais assuraient qu'ils ne savaient pas que Ben Laden était réfugié au Pakistan alors que sa réside...

Photo de Alain MartyAlain Marty :

Nous pouvons craindre que le départ de la coalition laisse face aux talibans une armée afghane un peu rustique dont l'équipement ne sera pas plus performant que le leur. La solution serait alors de maintenir à son service des moyens sophistiqués, en matière de renseignement, d'appui-feu et d'évacuation sanitaire. Mais un tel maintien signifie une présence relativement forte, en moyens technologiques et en militaires, de la coalition. Le maintien d'une telle présence est-...

Photo de Martine Lignières-CassouMartine Lignières-Cassou :

Monsieur le ministre, vous avez souligné les éléments d'inquiétude potentielle liés à l'infiltration de talibans, à l'instabilité de l'Afghanistan et au trafic de drogue. Il y a une dizaine d'années, à la demande du président Karzaï, nous avions mis en place des programmes de substitution de la production de drogue, par de la production de safran par exemple. Je crois savoir que ces programmes de substitution ont échoué. La volonté politique n'est aujourd'hui peut-être plus la même. Par ailleurs, un indic...

Photo de Martine AurillacMartine Aurillac, présidente :

Nous avons le plaisir d'accueillir M. Jacques de Maio, chef des opérations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Afghanistan et au Pakistan, région dans laquelle notre pays déploie ses plus importants effectifs militaires à l'étranger. La situation sécuritaire et la situation humanitaire sont liées dans ces deux pays. Les relations entre l'insurrection talibane en Afghanistan et les groupes talibans pakistanais sont désormais bien connues. Elles passent notamment par la choura de Peshawar, au Nord-Est du Pakistan, proche de la vallée de Kapisa où se trouvent les militaires français, et par la Choura de Quetta, frontalière de la province d'Helmand, au Sud de l'Afghanistan. La lutte contre ces groupes armés a provoqué des drames humanitaires dans ces de...

Photo de Marie-Louise FortMarie-Louise Fort :

On ne peut qu'être accablé : la situation que vous avez décrite paraît très préoccupante. Votre neutralité vous permet de dialoguer avec les autorités afghanes et pakistanaises, avec les différentes forces militaires en présence et avec l'« administration » talibane. Mais comment envisagez-vous l'évolution de votre statut ? Quid de la sécurité de ceux qui interviennent au nom du CICR ? La barbarie humaine est sans limite, on le voit bien, et elle prend aujourd'hui des formes que l'on n'envisageait pas au XXe siècle. Pouvez-vous, en outre, nous en dire plus sur votre partenariat avec le Croissant-Rouge ?

Photo de Jean GlavanyJean Glavany :

La preuve n'est pas faite que le double jeu des autorités pakistanaises ait pris fin : leur action vise avant tout les talibans pakistanais et épargne les talibans afghans pour des considérations de « profondeur stratégique », qui pèsent encore sur le conflit. J'observe, par ailleurs, que tout le monde parle avec les talibans, y compris les Américains, les Britanniques et le gouvernement afghan. J'aurais aimé que vous nous en disiez davantage au sujet des centaines de milliers d'Afghans réfugiés dans des camps partout ...

Photo de Jacques MyardJacques Myard :

Vous avez dépeint une réalité de plus en plus évidente aux yeux de tous : il n'y a pas de solution militaire et nous ne sortirons jamais de cette affaire. Sur le plan humanitaire, la situation est catastrophique : chacun peut imaginer ce que signifie concrètement le chiffre de 100 000 amputés que vous avez cité. Comment les talibans vous jugent-ils ? Vous avez expliqué que vous réussissez à établir un dialogue avec eux, mais quelle est votre place dans leur Weltanschauung ? Chacun sait que ce ne sont pas des tendres : ils n'hésitent pas à éliminer leurs frères s'il le faut. J'aimerais mieux comprendre leur psychologie, si tant est que nous puissions nous mettre dans leur tête.

Photo de Jean-Michel BoucheronJean-Michel Boucheron :

Je ne suis pas du tout d'accord avec la comparaison que vous avez établie entre la situation actuelle et l'époque soviétique. La résistance afghane était alors armée par les grandes puissances, qui la formaient à manier des Stinger et des missiles antichars. La vallée du Panshir est désormais un véritable garage de blindés soviétiques éventrés. On passera aux choses sérieuses quand les talibans auront abattu un hélicoptère avec un missile sophistiqué. Pour le moment, les talibans ne jouissent du soutien d'aucune grande puissance étrangère, car aucune d'entre elles ne peut se le permettre.