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Interventions sur "corse"

21 interventions trouvées.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Castellani, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l'éducation :

Mardi 5 mai 1992. Cette date devait résonner comme un souvenir heureux. Je me souviens l'insouciance des rues de Bastia et de la Corse, à quelques heures d'une demi-finale de Coupe de France de prestige face à l'Olympique de Marseille. Je me souviens de la ferveur bleue, des chants, des coups de klaxon, de la perspective de s'ouvrir l'accès à une nouvelle finale. L'heure était à la fête. Dans les jours qui précédaient l'événement, je me souviens d'avoir longtemps hésité : devais-je emmener mon fils au stade ? J'ai pris son bill...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Castellani, rapporteur de la commission des affaires culturelles et de l'éducation :

...la nôtre. Ce drame est la plus grande catastrophe que le sport français ait jamais connue. La rencontre était une demi-finale de la Coupe de France. Elle devait être diffusée sur les antennes nationales, et la présence de nombreux journalistes dans la tribune touchée le prouve. Les meurtrissures des victimes marseillaises et continentales existent, elles aussi. Non, ce drame ne se résume pas à la Corse. Cette question, l'Assemblée de Corse l'a tranchée par des votes unanimes. Notre commission l'a également tranchée, et je veux remercier ici tous ceux qui en ont enrichi les débats. Quoi qu'il en soit, pour les victimes, la douleur physique est présente depuis vingt-sept ans. Elle ne disparaîtra jamais. Il est une autre douleur, indicible, impalpable, inaudible : la douleur morale, celle des âme...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois-Michel Lambert :

Mardi 5 mai 1992. La soirée s'annonce belle. Bastia s'est parée de bleu et de blanc pour soutenir son équipe. Dans toute la France, les milliers de Corses, d'amateurs du football et de grands événements vibrent à l'unisson avec l'île de Beauté. Ce soir-là, Bastia accueille ce qui se fait de mieux dans la France du foot, voire dans toute l'Europe : l'Olympique de Marseille, mon club. C'est une affiche de gala, la demi-finale de la Coupe de France. Le soleil décline, l'ambiance monte, cette ambiance électrique qui précède les grands matchs. Celui-c...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois-Michel Lambert :

...drame ne se reproduise jamais et pour mettre en lumière, le temps d'une journée, les belles valeurs du sport et du spectacle, et les moments partagés qu'ils procurent, nous vous appelons, chers collègues, à ajouter votre voix à la nôtre de sorte qu'enfin on ne joue plus au football professionnel le 5 mai. En cet instant, de façon plus personnelle, je pense aussi à Pascal Paoli et à la République corse, aux attaques que nous, les Français du continent, avons fait subir à l'île au XVIIIe siècle, à sa conquête, et à tout ce que nous avons oublié de la Corse au fil du temps. La proposition de loi constitue un geste fort à l'égard de la population corse. En faisant de la date du 5 mai 1992 un symbole, nous réaffirmons que ce territoire fait partie intégrante de la France. Avec la proposition de loi...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBastien Lachaud :

...ictimes, leurs familles et leurs proches. Tel est l'objet de la proposition de loi qui nous est présentée aujourd'hui et qui établit qu'aucun match de football des championnats professionnels de la Ligue 1, de la Ligue 2 et de la Coupe de France ne sera désormais joué à la date du 5 mai. Nous voterons pour ce texte, car seul un tel hommage national est à la mesure d'une tragédie qui a meurtri la Corse, mais aussi toute la famille du football français et la nation. Le président François Mitterrand, qui s'était rendu sur place pour dire la solidarité de la France entière, l'avait annoncé dès les jours qui ont suivi le drame : « On ne rejouera plus au football en France un 5 mai. » Cette promesse du chef de l'État, qui avait perçu avec acuité l'ampleur du traumatisme et la nécessité d'honorer la...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBastien Lachaud :

...eté vis-à-vis d'un drame que l'on croirait pouvoir minimiser et ramener à une dimension régionale. Ce serait un scandale. Il est plus que temps de réparer l'erreur qui a été commise et d'entendre la voix de ceux qui réclament, depuis près de vingt-huit ans, que la nation respecte enfin la mémoire des victimes du 5 mai 1992. Ils sont nombreux, et il faut rendre hommage à leur combat : nombreux en Corse, bien sûr, au sein du collectif des victimes de la catastrophe de Furiani du 5 mai 1992, mais nombreux aussi au-delà, dans la famille du football, dans celle du sport et dans le pays tout entier. Je pense, par exemple, à ces supporters stéphanois, marseillais ou rennais qui ont déployé, le 5 mai 2019, des banderoles dans les stades pour dire leur indignation face à l'organisation de matchs le 5 ...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarie-George Buffet :

C'est un crime d'avoir privilégié le profit plutôt que la sécurité, le business plutôt que la fête. On a été jusqu'à produire des faux malgré les mises en garde… Personne n'a pu, ou voulu, arrêter cette folie : ni l'entreprise, ni la Ligue corse de football, ni le club bastiais, ni les représentants de l'État. Ce drame n'a pas ébranlé que la Corse ou qu'un club de football. De par son ampleur et du fait de l'accumulation des fautes, il revêt le caractère d'une catastrophe nationale. Nous devons le répéter et le considérer comme tel.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBruno Questel :

Vingt-huit ans que ce moment est attendu ; vingt-huit ans que les Corses aspirent à ce que ce drame soit reconnu par la communauté nationale ; vingt-huit ans à attendre que l'engagement de François Mitterrand soit respecté ; vingt-huit ans depuis que chacune et chacun, concerné de près ou de loin par l'histoire de la Corse, qu'il soit sur place ou bien, comme moi-même, devant sa télévision, s'est trouvé à attendre de savoir si son frère, sa soeur, son cousin, son pèr...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Jacques Ferrara :

...d'une tribune qui résonne toujours dans nos têtes, comme résonne le silence assourdissant qui s'ensuivit, comme résonnent les plaintes et les cris qui s'élèvent des décombres. Nous n'oublierons jamais ! Vous me pardonnerez d'illustrer mon propos par mon vécu, comme l'a fait Michel Castellani : à 25 ans, étudiant à Marseille et préparant le concours de l'internat en médecine, réuni avec des amis, corses ou marseillais, pour célébrer comme la France entière la fête du football devant le journal télévisé de TF1 en direct, je vois à la fin de l'échauffement les joueurs regagner les vestiaires, et puis… Se succèdent alors l'incompréhension, puis la stupeur, puis l'angoisse des proches et l'horreur – l'horreur. Dans les semaines qui suivent, je vois arriver, à l'hôpital de la Conception, les blessés...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGéraldine Bannier :

...mobile le 11 juin. Pourtant, chacun tressaille encore au souvenir de cet événement. Le groupe MODEM aurait préféré, parce que nous pensons que c'est un acte de mémoire mieux à même de parler aux futures générations, une minute de silence ou toute autre forme de recueillement en mémoire aux victimes de Furiani avant chaque match, tous les 5 mai, sur tous les stades. Toutefois, par amitié pour les Corses, par respect pour les victimes, nous ne voterons pas, sauf choix individuel, contre cette proposition de loi, qui entérine un geste de mémoire voulu par les familles de victimes elles-mêmes, relayées par leurs élus.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSylvie Tolmont :

...pas été pleinement respecté, et ce malgré un accord, certes tardif, officiellement signé le 22 juillet 2015 entre le secrétaire d'État chargé des sports alors en poste, Thierry Braillard, et le collectif des victimes du 5 mai 1992, dont je salue la présence dans les tribunes. Chaque match joué en cette date de triste mémoire réveille la douleur de nos concitoyens et notamment de ceux résidant en Corse, qui ont tous connu, directement ou non, une victime de ce drame. Voilà pourquoi il était important d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour de nos débats ; nous tenons à remercier Michel Castellani de l'avoir fait. Il est temps, en effet, de mettre fin aux atermoiements frappés à certains égards du sceau de l'indignité ; de faire taire les excuses présentées par certains qui, faisant prévaloir des...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBéatrice Descamps :

...us remémorions ce drame national, qui a marqué petits et grands partout en France. Le 5 mai 1992, comme l'a rappelé M. le rapporteur, dix-neuf personnes sont décédées et plusieurs milliers d'autres ont été blessées. En quelques minutes, l'effondrement de la tribune nord a transformé un moment de fête en une horreur absolue. Alors que ce match devait être gravé dans la mémoire footballistique des Corses, il restera comme l'une des plus grandes tragédies qu'ait connue l'île de Beauté. Pour accueillir la demi-finale de la Coupe de France, le club a rasé sa tribune de 750 places, sans permis de démolition, et entrepris d'en bâtir une nouvelle de 9 300 places, doublant ainsi la capacité du stade en huit jours. La Ligue corse de football a transmis un avis favorable à la Fédération française de foo...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPaul-André Colombani :

Si vous me le permettez, monsieur le président, je souhaite, avant d'entrer dans le vif du sujet, évoquer la catastrophe écologique que vit la Corse à l'heure où nous parlons : alors que plusieurs milliers d'hectares sont en feu et que le massif de Bavella est menacé, je tiens à remercier du fond du coeur les personnels de la sécurité civile.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPaul-André Colombani :

Qu'ils soient pompiers ou pilotes de Canadair, ils sont plus de 600, venus de plusieurs départements, à lutter de tout leur coeur contre le feu, jour et nuit. Le massif de Bavella – pour ceux qui le connaissent – est un peu la cathédrale Notre-Dame de la Corse. J'en viens à la catastrophe humaine que fut Furiani. Je ne peux l'évoquer qu'avec beaucoup d'émotion. Comme mon collègue Jean-Jacques Ferrara, j'étais étudiant en médecine, à Marseille, lorsque le drame est survenu. Nous étions alors tous réunis pour une fête ; après quelques secondes d'incompréhension, nous avons vécu des heures d'angoisse, sans nouvelles de nos proches. Nous avons ensuite – p...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBertrand Pancher :

Me félicitant du sort qui attend cet amendement, je tiens à dire combien j'ai été touché par la dignité de la société civile corse comme par la patience et le sens de responsabilité dont ont fait preuve les collectivités territoriales et les élus corses. C'est une grande chance pour nous de les avoir à nos côtés. Je tiens à souligner également l'engagement de nos élus nationaux corses. Les valeurs qu'ils défendent sont de grandes valeurs de notre pays et je veux sincèrement les remercier.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGéraldine Bannier :

Le MODEM sera évidemment favorable à cet amendement et à ce sous-amendement, qui répondent vraiment à la question que nous avons soulevée dans notre intervention quant à l'importance de transmettre aux futures générations la mémoire de Furiani. Loin de la Corse, peut-être oublierait-on assez vite pourquoi il n'y a pas de matches le 5 mai. Il importe donc, sur tous les terrains, de se souvenir de Furiani par ce geste mémoriel.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAnne-Christine Lang :

...ompassion et ma profonde empathie à toutes les familles qui sont encore marquées dans leur chair par cette catastrophe nationale. Pourtant je ne voterai pas cette proposition de loi car, quelle que soit la sympathie qu'on peut éprouver à l'égard des victimes, il ne nous appartient pas de légiférer sur l'émotion, sur la compassion. Les commémorations, qui doivent bien légitimement se dérouler, en Corse sans doute mais aussi sur l'ensemble du territoire, pour se souvenir de ce type de catastrophe, ne relèvent tout simplement pas du domaine de la loi. Je perçois bien la volonté de certaines oppositions de nous confronter à des textes visant à évaluer notre humanité, notre empathie, notre degré de compassion.

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Félix Acquaviva :

... soit puissante face aux forces de l'argent, face aux responsables, pour qu'elle gomme ces vingt-huit ans de conflit, pour qu'elle comble le fossé qui s'est creusé. Nous devons faire oeuvre de justice, de reconnaissance de la souffrance et de réconciliation. Car si l'événement lui-même a été un drame, puisque des personnes sont mortes, des choses se sont aussi jouées ensuite au sein de la société corse. Je ne reviendrai pas sur ces autres drames liés au 5 mai, à la collusion qui a alors régné. Le rôle de la loi est de rendre possible le travail de deuil, mais nous devons aussi transmettre les valeurs d'éthique, de morale, de respect et l'idée que jamais, au grand jamais, les forces de l'argent ne doivent primer sur la vie. C'est pourquoi nous avons volontiers voté l'amendement relatif au sport ...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPierre Dharréville :

Le 5 mai 1992 devait être une fête du football, une fête pour la Corse, pour Marseille et pour la Provence, dont les destins se mêlent depuis toujours. Ce fut un drame pour les familles, un drame pour les supporters, un drame pour le football, un drame pour le pays, un drame qui aurait pu arriver ailleurs, un drame de la cupidité, de l'argent qui corrode, du sport-business qui devient fou. Il y a eu peut-être, parfois, la tentation d'oublier. Nous ne devons oublier...

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaIan Boucard :

...très bref car notre collègue Ferrara a exprimé ce que pensent les députés du groupe Les Républicains. Je confirme que ces derniers voteront le texte, mettant un terme à une polémique qui ressurgit chaque année à l'approche du 5 mai. Nous rendrons ainsi justice à la pugnacité et à la patience du collectif des victimes du 5 mai. Le drame de Furiani, on l'a rappelé, n'a pas été un simple fait divers corse mais une catastrophe nationale ; c'est donc à la nation de prendre ses responsabilités et pas seulement aux associations de s'organiser. Madame Lang, évidemment que ce texte ne relève pas du domaine législatif – nous en sommes d'ailleurs tous convenus en commission. Mais puisque, depuis vingt-huit ans, ceux qui auraient dû prendre une telle décision ne l'ont pas fait, il revient à la représentat...