⚠️ Attention : du fait de profonds changements sur le site de l'Assemblée, les compte-rendus des commissions,
les propositions de loi, les rapports et les votes ne peuvent plus être intégrés pour certains depuis plusieurs mois.
Notre équipe de bénévoles travaille à trouver des palliatifs à cette situation.


Les amendements de François Ruffin pour ce dossier

64 interventions trouvées.

Si nous vous faisons peur, tant mieux ! Si nous faisons peur à l'Élysée, tant mieux ! Si nous faisons peur à Bercy, tant mieux !

Chers collègues de la majorité, vous regrettez que nous ne débattions pas de la totalité du texte, que nous ne parlions pas des PME, du rôle de l'entreprise… Mais c'est de votre propre fait ! Pourquoi avez-vous introduit dans ce texte une disposition relative à Aéroports de Paris, alors qu'il s'agit d'un cavalier législatif ? Cette mesure n'a r...

… de lui offrir une contrepartie : ce sera Aéroports de Paris. Un nouvel épisode intervient cet automne : le surgissement des gilets jaunes sur les ronds-points et aux péages.

Ils viennent dire que la privatisation des autoroutes s'est révélée une catastrophe, un énorme cadeau fait, notamment, à Vinci, qui est pointé du doigt. On perçoit un grand malaise jusqu'au sommet de l'État, car Vinci est dans le collimateur et se retrouve en première ligne. On ressent de la confusion, de la gêne, des hésitations.

On assiste alors à un pas de deux : on privatise – le cadeau était prévu pour Vinci – , mais cela semble à présent un peu gros, donc on ne sait plus ce qu'on va faire... Pour ma part, comme mes collègues du groupe La France insoumise, je suis favorable au renvoi en commission.

Il vous permettra d'ôter ce cavalier et de renoncer aux privatisations d'Aéroports de Paris, d'Engie et de La Française des jeux.

Si vous dégagez tout cela du texte, nous aurons un débat plus clair sur les dispositions dont vous semblez être fiers, concernant les PME, le tissu des petites entreprises, et ainsi de suite... Avec les privatisations, vous obscurcissez vous-mêmes le débat.

Pour éviter d'être vulgaire, j'ai regardé dans le dictionnaire les synonymes de l'expression « se payer la tête de quelqu'un » : se moquer, se ficher, narguer, berner, tromper, abuser, duper, filouter, leurrer, trahir, rouler dans la farine.

Mais pour notre ordre du jour, cela paraît quand même trop mou, trop doux. Vous vous fichez des Français !

Et je reste poli – je fais un effort pour rester poli… C'était lundi, au Grand Palais, pour la grand-messe de votre grand débat. Frank Escoubes entamait ainsi sa restitution : « On voit émerger un premier consensus… » J'insiste : votre restituteur lui-même parle d'un consensus, et il l'a placé en premier. Quel est-il ? « On voit émerger un pre...

Des voix se sont élevées : « Pour la justice, pour les hôpitaux, pour l'éducation, il faut serrer les budgets, surveiller les déficits, mais pour vos caprices, c'est crédit illimité. » À ces tristes sires, vous avez répondu : « C'est le prix de la démocratie. » Alors, que vient dire cette démocratie ? Je répète : « renationaliser les services e...

 « Un formidable exercice de démocratie », disait-il, dont les gilets jaunes, ces malpolis, ces braillards, ces débraillés, feraient bien de prendre de la graine ; nous-mêmes, dans cette assemblée, nous ne serions pas à la hauteur de notre peuple, de son écoute, de sa maturité, de sa sagesse.

Mais alors, qu'ont dit les Français, dans leur grande sagesse ? Je répète, je répète, je répète : « Renationaliser les services essentiels et les infrastructures publiques » !

Et au lendemain de ce cérémonial, quelle est votre première mesure post-grand débat ? Tout le contraire ! L'exact opposé de ce premier consensus ! Ce matin, nous sommes réunis pour quoi ?

Dans la foulée, vous vous apprêtez à liquider Engie. Ces « services essentiels », ces « infrastructures publiques », vous les livrez aux coquins ! Les Français vous disent blanc, blanc, blanc et aussitôt vous faites noir. Le lundi, vous déclarez, la main sur le coeur, les yeux embués, que rien ne sera comme avant et le jeudi vous continuez à g...

Si, seuls contre tous ! Partout, des voix vous alertent, depuis des mois. Monsieur le ministre, je vous ai entendu, ce matin, parler d'économie et de stratégie, mais on est au-delà ! Au-delà de l'économie ! Au-delà de la stratégie ! C'est une question de démocratie.

Les syndicats sont contre. Les Français gilets jaunes sont contre. Les Français du grand débat national sont contre. Les Français des sondages sont contre.

Le Prince et sa cour sont pour : que l'intérêt des multinationales l'emporte sur l'intérêt général ! C'est le despotisme qui continue !

C'est le despotisme tel que le définit Montesquieu, ce régime où un seul « entraîne tout par sa volonté et par ses caprices », ce régime où un seul peut signer un contrat – contrat social, contrat moral – le lundi et le bafouer dès le jeudi, le déchirer, s'asseoir dessus ! Vous allez vous asseoir sur la voix des Français pour mieux l'étouffer !

Mais cette voix reviendra, décuplée – car ils ont été bernés, trompés, abusés, dupés, filoutés, roulés dans la farine !