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Intervention de François-Michel Lambert

Séance en hémicycle du lundi 29 mars 2021 à 16h00
Lutte contre le dérèglement climatique — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois-Michel Lambert, LT :

Depuis le début du mandat présidentiel, les textes s'enchaînent. Ils sont censés déboucher sur la loi de la dernière chance, sur la loi la plus importante du quinquennat. Ils concernent la mobilité, l'énergie, le climat, l'économie circulaire, mais tous affichent la même ambition : faire face à l'urgence écologique. Or, derrière ces slogans politiques, qu'y a-t-il vraiment ? Quelques bonnes mesures, parfois ; un manque de moyens, souvent ; toujours la volonté que la réponse au changement climatique demeure reléguée à la périphérie des politiques publiques.

À mon grand regret, ce projet de loi s'inscrit dans la lignée des textes qui l'ont précédé : il ne se montre pas à la hauteur de l'enjeu climatique. D'ailleurs, je ne suis pas le seul à le dire. Les 150 citoyens qui en sont à l'origine, qui se sont investis dans ce travail et sensibilisés à ces questions pendant près de neuf mois, ont su déterminer les secteurs essentiels à la transition écologique, formuler des propositions visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030. Néanmoins, sans doute par manque de temps, de formation, de connaissances, ils ont laissé de côté certaines questions. Nous attendions du Gouvernement qu'il comble ces failles, qu'il suscite cette ambition là où elle faisait défaut. Je l'ai dit en commission et je le répète ici : ce texte n'est finalement bâti que sur des fondations branlantes.

La France gagne chaque année près de 200 000 habitants – soit l'équivalent de la population du Gers, cher rapporteur général. Le temps d'un quinquennat ou d'une législature, cela donne 1 million de personnes, davantage qu'il ne s'en trouve dans la ville de Marseille. Cette croissance démographique et ses conséquences sur l'aménagement du territoire sont les grandes absentes de votre postulat : leur prise en compte fera donc défaut lorsqu'il faudra agir. Rien n'a été prévu pour rétablir l'équilibre entre territoires, limiter les mobilités contraintes. Pourtant, nous ne parviendrons à réduire la quantité de gaz à effet de serre émis par les transports, par la consommation, qu'à condition de repenser la ville et les territoires, de rapprocher lieux de travail et lieux de vie, lieux de socialisation et lieux de production, de privilégier les circuits courts.

La logistique, elle aussi, est aux abonnés absents, malgré nos mauvaises performances en la matière : selon la Banque mondiale, la France se classe au huitième rang des pays européens, au seizième rang dans l'absolu. Cela signifie que la mobilité y est désordonnée, avec des conséquences néfastes à la fois sur l'environnement et sur l'économie : cette sous-performance logistique nous coûte chaque année 60 milliards d'euros et environ 10 millions de tonnes de CO2. Le symbole même de ce gaspillage, mais aussi de la mondialisation, c'est l'Ever Given, ce porte-conteneurs d'Evergreen Marine Corporation. Celle-ci porte finalement bien son nom. En obstruant le canal de Suez, son cargo aura davantage fait baisser les émissions de gaz à effet de serre qu'aucune de vos mesures.

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