Intervention de Éric Coquerel

Séance en hémicycle du vendredi 15 décembre 2017 à 9h30
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Motion de rejet préalable (programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaÉric Coquerel :

… et non la garantie d'autres institutions financières, dont elles savent la précarité à l'époque qui est la nôtre.

La baisse des recettes de l'État au profit du capital, que vous poursuivez en l'aggravant, est préoccupante et pose la question de la légitimité d'une partie au moins de la dette, dans la mesure où les États ont décidé, en 2010, de renflouer les banques – à hauteur de 474 milliards sous Nicolas Sarkozy – sans se soucier ni du statut qu'auraient désormais ces banques ni de ce qu'elles feraient de leurs profits retrouvés.

Il importe donc que les banques centrales, notamment la Banque centrale européenne, mais aussi la Banque de France, qui continue à émettre les billets en France – ce qui devrait nous inciter à mettre fin aux réductions d'effectifs dans cet établissement, comme le demandent les syndicats – rachètent les dettes souveraines plutôt que de prêter de l'argent à des banques qui vont l'utiliser pour spéculer sur cette même dette souveraine d'une manière éhontée, comme c'est arrivé pour la Grèce.

J'espère que la campagne européenne de 2019 sera l'occasion de confronter deux visions. D'un côté, celle d'une intégration plus importante de l'Europe de l'austérité, de l'Europe de l'argent, de l'Europe de la politique de l'offre, que vous nous proposez. De l'autre, celle d'une France proposant un plan A à toute l'Europe pour l'Union européenne ou un plan B avec tous les pays qui souhaiteraient construire avec elle une Europe de l'harmonisation sociale et fiscale, en faveur de l'emploi et de la transition écologique.

Vous le constatez, notre logique est à l'opposé de la vôtre. Chers collègues du groupe La République en marche, vous qui pensez apporter ici la modernité, vous puisez en réalité dans la contre-révolution libérale des années 80, pour y adapter définitivement notre pays. Or nous n'entendons pas nous y soumettre, car nous pensons que notre République n'est pas soluble, du fait justement de ces principes égalitaires nés de la Révolution française. Voilà pourquoi nous demandons le rejet préalable de ce projet de loi de programmation des finances publiques.

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