Intervention de Gérald Darmanin

Séance en hémicycle du jeudi 21 décembre 2017 à 9h30
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 - projet de loi de finances pour 2018 — Motion de rejet préalable

Gérald Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics :

Or la relance intégrale au nom de la théorie du ruissellement, c'est-à-dire la politique consistant uniquement à pratiquer une relance keynésienne – même si, je suppose, la relance que vous prônez diffère de celle qu'imaginait Keynes, économiste libéral – , a déjà été tentée en grande partie et, manifestement, s'est soldée à chaque fois par un échec, sauf à des moments très précis de l'histoire où l'économie était relativement fermée.

Je conviens que la politique de l'offre n'est pas l'alpha et l'oméga de toute politique publique. On a beaucoup moqué le « en même temps » ; permettez-moi d'utiliser l'expression « à la fois » pour illustrer ce budget, puisque le Gouvernement conduit à la fois une politique de relance et une politique de l'offre.

Au titre de la politique de relance, nous redonnons du pouvoir d'achat à nos concitoyens – ce qui nous est parfois reproché – , notamment en supprimant la taxe d'habitation. Il s'agira tout de même de 10 milliards d'euros sur trois ans pour les contribuables, qui vont sans doute consommer, puisque la mesure touchera les citoyens les plus modestes. En outre, les dépenses sociales, dites improprement « de guichet », sont dynamiques. Certains le regrettent d'ailleurs, notamment la majorité sénatoriale, qui me reproche de dépenser trop, en particulier de trop augmenter les dépenses sociales. Vous dites que le salaire est ce qui permet aux bonnes gens de mieux vivre. Or nous agissons dans ce sens, certes non pas en modifiant la répartition entre le travail et le capital, comme vous le souhaiteriez, mais en supprimant des impôts et des cotisations.

Au titre de la politique de l'offre, nous libérons le capital et luttons contre l'esprit de rente, comme cela a déjà été évoqué.

Je ne parviendrai sans doute pas à vous convaincre, monsieur le président Mélenchon, mais, puisque je vous respecte, je voulais vous démontrer que, si nous n'avons pas retenu la ligne économique proposée par La France insoumise, le budget que nous présentons n'est pas pour autant un budget de l'offre ni, en soi, un budget libéral, au sens où les libéraux – dans l'acception économique du mot – l'entendent ; c'est un budget pragmatique qui, selon nous, s'inspire du meilleur de la politique de l'offre et du meilleur de la politique de relance. Cette caractéristique très importante différencie notre politique des politiques publiques assez idéologiques qui ont été menées jusqu'à présent.

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