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Intervention de Elsa Faucillon

Séance en hémicycle du mercredi 17 janvier 2018 à 15h00
Questions sur l'enseignement du premier degré

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaElsa Faucillon :

Monsieur le président, monsieur le ministre, chers collègues, le dernier rapport publié par l'OCDE comparant les systèmes éducatifs de ses 35 pays membres montre que les salaires des enseignants français en primaire sont inférieurs de 9 % à la moyenne alors même que les professeurs des écoles français travaillent davantage, en nombre d'heures, que la plupart de leurs homologues européens. Nous constatons également, par exemple, qu'un débutant gagne deux fois moins en France qu'en Allemagne.

Il n'est donc pas étonnant – c'est un peu dans la lignée de la question sur le prérecrutement que je vous ai posée hier – que 7 % seulement des diplômés du supérieur s'engagent dans cette voie : ils savent qu'ils peuvent gagner bien mieux leur vie ailleurs et que les rémunérations du premier degré restent faibles pour quelqu'un qui a fait des études supérieures. J'ai récemment visité un centre de formation d'apprentis : à l'issue de leur formation, les ascensoristes ou les menuisiers gagnent bien plus à l'embauche qu'un enseignant du premier degré. C'est très bien pour eux, mais il me semble que cela soulève des questions quant au métier d'enseignant et à son attractivité.

La France est depuis longtemps l'un des pays qui payent le moins ses enseignants du primaire, en donnant l'avantage au lycée et à des filières d'excellence. Je crois que le corps enseignant attend une véritable revalorisation sociale et salariale des métiers. Il s'agit évidemment de redonner du sens au métier d'enseignant en reconnaissant l'ensemble des activités effectuées par les enseignants et en leur donnant un salaire équivalent à leur investissement et à leur parcours d'études.

Je regrette qu'au lieu de répondre à cette attente, à cette urgence, vous choisissiez par exemple de rétablir le jour de carence, accréditant ainsi cette idée qui court selon laquelle l'absentéisme serait bien plus important chez les enseignants qu'ailleurs. Nous demandons au contraire de développer la qualification plutôt que de brandir le bâton ; nous demandons une revalorisation des salaires des enseignants, ceux-là mêmes qui forment les esprits de nos enfants, des citoyens de demain.

Monsieur le ministre, quand comptez-vous mener une politique de revalorisation des salaires des enseignants du premier degré, et avec quelle ampleur ?

2 commentaires :

Le 19/01/2018 à 19:03, Laïc1 a dit :

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" alors même que les professeurs des écoles français travaillent davantage, en nombre d'heures, que la plupart de leurs homologues européens. "

3 H le matin, 1h 30 l'après-midi, 4 jours par semaine, c'est vrai que c'est épuisant comme métier... heureusement qu'ils ont 4 mois de vacances pour récupérer, on se demande comment ils tiendraient sinon.

Vous trouvez ce commentaire constructif : non neutre oui

Le 27/01/2018 à 09:44, Kabe a dit :

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Nous ne parvenons plus à recruter suffisamment de professeurs. Le signal d'alarme est clair.

Sont pointés du doigt les "avantages" des enseignants: pas de jour de carence, vacances plus importantes, calcul de retraite avantageux.

Le jour de carence: C'est bon, c'est corrigé. Alors que le plus souvent ces jours sont compensés dans le privé par des conventions internes, nous n'avons rien trouvé de mieux que de punir les fonctionnaires. Nous aurions pu tirer vers le haut la minorité du privé. Au lieu de ça, c'est toute la fonction publique qui paye. Chez les enseignants, l'absentéisme est le plus souvent lié à des maladies attrapées à l'école aux côtés des enfants de la Nation. Merci les enseignants! Vous vous occupez de nos enfants, vous tombez malades et on vous retire votre salaire. Bravo! C'est magique! Dans le privé c'est un accident du travail.

Les vacances: Faire des lois sans connaître le terrain, le voilà le problème. Beaucoup de Français finissent leurs journées de travail et puis soufflent enfin. Les enseignants travaillent souvent le soir à la maison,le week-end et même pendant une partie de ces fameuses vacances. Retirez les vacances! Je pense que je vais rigoler. Il y a déjà de plus en plus de démissions mais allons au bout du délire!

Les retraites: Les enseignants (les fonctionnaires) ces fainéants sont avantagés sur le calcul de retraite... Pour y répondre je vais tout dire dans la conclusion.

IL Y EN A ASSEZ! LAISSEZ LES ENSEIGNANTS EN PAIX. Si vous souhaitez revoir les "avantages" des enseignants, alors parlons des heures supplémentaires qui ne sont pas payées, des salaires inférieurs à ceux du privé (regardez le salaire d'un professeur en début de carrière à bac+5), de la charge de travail qui grandit sans compensation, du gel du point d'indice,...

Si le métier est si génial je me permets un petit rappel. Il y a un déficit dans ce secteur alors venez!

Cette réponse est un cri de colère contre la majorité qui ne prend pas ce problème suffisamment au sérieux.

Je précise que d'autres métiers sont abandonnés et je n'ai parlé que des enseignants car je connais mieux ce sujet. C'est un combat plus large qu'il faut mener, j'en suis conscient.

Madame Faucillon, tant que vous tiendrez vos positions, vous aurez mon soutien.

Vous avez la voix d'un professeur. Je ne représente que moi, même si j'ai une idée de la position de mes collègues.

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