Intervention de Nicole Belloubet

Séance en hémicycle du lundi 24 juillet 2017 à 16h00
Confiance dans la vie publique — Présentation commune

Nicole Belloubet, garde des sceaux, ministre de la justice :

J'entends les arguments de ceux qui souhaitent le maintien de la réserve parlementaire : nous en reparlerons également à l'occasion de l'examen de l'article 9. Mais clairement, le Gouvernement estime qu'il faut rompre avec cette pratique, et en cela, il a été suivi par votre commission des lois.

Le dernier axe des réformes qui vous sont proposées renforce les contrôles sur les comptes des partis politiques, tout en leur offrant, ainsi qu'aux candidats, un accès plus facile aux financements. Ces dispositions permettent de donner corps à l'exigence du pluralisme de la vie politique. Les partis politiques dépendent aujourd'hui largement du financement public. Cependant, les règles qui s'appliquent à eux n'offrent pas toutes les garanties contre les abus ou les dérives. Elles sont par ailleurs assez peu favorables au renouvellement de la vie politique et au pluralisme.

Il est donc proposé de renforcer les comptes des partis politiques et des campagnes électorales, dans le respect des dispositions de l'article 4 de la Constitution selon lequel les partis politiques se forment et exercent leur activité librement. En ce sens, quatre axes sont proposés.

D'abord, le mandataire financier du parti recueillera l'ensemble des ressources reçues par ce dernier et non plus seulement les dons. Les partis politiques devront d'ailleurs tenir une comptabilité, selon un règlement établi par l'Autorité des normes comptables. Ensuite, le financement des partis et des campagnes électorales sera mieux encadré quant aux prêts des personnes physiques, afin d'éviter les dons déguisés. En contrepartie, et c'est le troisième point, l'accès au financement par les candidats et les partis politiques sera amélioré grâce à l'intervention d'un médiateur du crédit. Enfin, le Gouvernement souhaite la création d'une structure, ou d'un dispositif pérenne de financement, la « banque de la démocratie », afin de pallier les carences du financement bancaire privé. Sur ce point, la commission des lois a adopté l'amendement de rétablissement proposé par le Gouvernement.

Monsieur le président, madame la rapporteure, monsieur le rapporteur pour avis, mesdames et messieurs les députés, je vous ai présenté à grands traits l'économie générale de cette réforme à laquelle le Gouvernement est vivement attaché. Votre commission des lois a adopté un certain nombre d'amendements qui permettent d'améliorer la lisibilité de ces deux textes tout en préservant leur cohérence.

À cet égard, je voudrais saluer le travail considérable, difficile et remarquable de Mme Yaël Braun-Pivet, votre rapporteure.

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