Intervention de Guillaume Chiche

Séance en hémicycle du jeudi 1er février 2018 à 9h30
Reconnaissance comme maladies professionnelles des pathologies psychiques résultant de l'épuisement professionnel — Motion de rejet préalable

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGuillaume Chiche :

Madame la présidente, monsieur le secrétaire d'État, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, je tenais à vous remercier, monsieur Ruffin, d'avoir mis le sujet du burn-out en lumière dans nos travaux parlementaires. Comme cela a été souligné dans la discussion générale, le terme de « burn-out » est un concept mouvant, objet de nombreuses recherches et de plusieurs définitions qui ne font pas l'unanimité. Il caractérise l'état d'un salarié en épuisement professionnel et recouvre une grande diversité de situations vécues par des travailleurs, dont toutes ont un rapport plus ou moins direct avec leur activité professionnelle. À ce titre, la communauté médicale le qualifie de syndrome pouvant mener au basculement du salarié dans la dépression ou dans toute autre forme de pathologie. À ce jour, sa définition n'est pas figée.

Je vous remercie également, monsieur le rapporteur, de rappeler l'importance de ce syndrome à l'heure où l'assurance maladie présente son rapport annuel « Santé travail : enjeux et actions » et publie des chiffres qui sont éloquents et que nous avons rappelés dans la discussion générale. En 2016, ce sont 10 000 affections psychiques liées au travail qui ont été signalées. Par affections psychiques, j'entends : les risques psychosociaux, qui peuvent être induits par l'activité professionnelle elle-même ou générés par l'organisation du travail et les relations de travail ; les troubles psychosociaux dont l'origine est directement liée au contexte professionnel et dont le burn-out fait partie. Ces affections psychiques représentent en 2016 1,6 % des accidents du travail avec arrêt. Il est donc important d'agir en la matière – nous vous rejoignons sur ce point.

Je veux aussi souligner que les femmes sont les plus exposées aux affections psychiques, puisqu'elles représentent 60 % des cas. Cela ne présume bien évidemment en rien d'une caractéristique liée intrinsèquement à leur sexe, mais cela nous invite à réfléchir à d'autres enjeux et à rester vigilants sur d'autres points, notamment en ce qui concerne l'effacement progressif des frontières entre vie professionnelle et vie privée, mais plus globalement la condition des femmes dans l'emploi. Il est important de progresser sur ces questions, alors que le Gouvernement a fait de l'égalité entre les femmes et les hommes la grande cause du quinquennat.

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