Intervention de Patrick Mignola

Séance en hémicycle du mardi 6 février 2018 à 15h00
Renforcement du dialogue social — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPatrick Mignola :

…. enfin fécondes en emplois et en pouvoir d'achat. À cela il y a deux conditions : d'une part, nous devons renforcer l'idée essentielle qu'une entreprise peut – et doit – être utile socialement et responsable environnementalement ; d'autre part, nous devons réussir la réforme de l'apprentissage et de la formation professionnelle.

Ces libertés nouvelles ne prendront vraiment effet que si tous nos concitoyens ont les moyens et les capacités d'y accéder – si elles deviennent des droits réels.

Le code du travail rend désormais possible de conclure des accords de performance collective ; il prévoit des instances de dialogue enfin adaptées aux petites entreprises ; il prend en considération les nouvelles formes de travail. Il donne ainsi plus de force aux conquêtes sociales et peut préfigurer un nouveau projet d'émancipation collective.

La France avait ouvert des droits sociaux en 1946 avec le programme du Conseil national de la Résistance, que le monde a suivi ou nous envie encore. Elle s'est donné aujourd'hui les moyens de transformer son cadre économique et social parce qu'il était devenu de moins en moins inclusif : « L'homme absurde est celui qui ne change jamais », disait Clemenceau.

Elle doit garder cette parole sociale d'avance en opposant sa vision, qui pourrait même être un viatique européen, à la pensée néoconservatrice anglo-saxonne, qui fait des inégalités croissantes non seulement la conséquence naturelle mais encore le moteur même de la compétitivité. Face à cette pensée qui broie les hommes et les terres pour quelques dollars de plus, nous n'avons jusqu'alors opposé qu'une stratégie défensive, jusqu'à rogner les énergies de nos propres entreprises.

On a sur-régulé, normé, sanglé, entravé la vie économique. Mais on n'a fait que cogner les petits, sans vrais résultats sur les puissants : Monsanto distribue toujours du glyphosate, Google paie ses impôts en Irlande, et Lactalis ne publie pas ses comptes.

Il vaut mieux avoir le courage de remettre les gros face à leurs devoirs, comme a su le faire le Président de la République à Versailles et à Davos…

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