Intervention de Clémentine Autain

Séance en hémicycle du jeudi 22 février 2018 à 15h00
Questions sur l'évolution de la situation au moyen-orient et la reconnaissance de l'État palestinien

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaClémentine Autain :

Le conflit en Syrie se régionalise et la population civile paie d'ores et déjà un lourd tribut. La Ghouta orientale se trouve sous le feu nourri du régime d'Assad, qui a annoncé sa volonté de reconquérir l'intégralité du pays, à n'importe quel prix. On dénombre déjà, au moment où je vous parle, 400 morts et près de 1 700 blessés. La ville d'Afrin est assiégée par l'armée turque et d'anciens combattants de Daech recrutés par Ankara. Erdogan veut empêcher la réunification des territoires kurdes de Syrie. Le sud du pays est, lui, le théâtre du regain de tensions entre l'Iran et Israël.

Dans ce conflit majeur au Moyen-Orient, la France se trouve aujourd'hui marginalisée. Elle a abandonné ses alliés kurdes pour protéger un accord indigne et inefficace visant à retenir les migrants en Turquie. Elle est restée recroquevillée sur l'alliance avec les pétromonarchies du Golfe, alors que la diplomatie du Rafale entre en contradiction avec nos valeurs fondamentales et contredit la lutte contre le terrorisme international. Les interventions étrangères provoquent une logique de guerre meurtrière et des exils massifs, alimentant les destructions et étouffant les aspirations démocratiques de tous les peuples vivant en Syrie.

Aujourd'hui, l'urgence, c'est que ces violences cessent. Il faut donc discuter avec toutes les parties, en répondant positivement à la proposition russe d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. La France doit s'engager dès maintenant pour l'arrêt des combats et la mise en place d'un corridor humanitaire, préalable indispensable à toute solution politique. Ne reproduisons pas un nouveau Srebrenica, qui conduirait la région à l'explosion. Ne détournons pas les yeux : le monde nous regarde.

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