Intervention de Général Jean-Pierre Bosser

Réunion du mardi 13 février 2018 à 17h00
Commission de la défense nationale et des forces armées

Général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre :

Non, c'est vrai.

Je pensais partir serein de cette audition mais une de vos questions me turlupine, celle, qu'on me pose pour la première fois, concernant les paramètres permettant d'évaluer le moral des soldats. J'interrogerai à ce sujet le prochain candidat à l'École de guerre… Plus sérieusement, il y a plusieurs dimensions dans l'évaluation du moral que je peux faire. La première a trait à mon expérience personnelle. Le chef d'état-major de l'armée de terre a la particularité d'avoir été lieutenant et capitaine. Voilà quarante ans que je travaille avec des soldats professionnels ; je les connais ; je connais leurs enfants et, pour certains, leurs petits-enfants. Et j'entretiens toujours des relations avec eux : grâce à internet, je reçois régulièrement un message de l'un des parachutistes de ma section avec lesquels j'ai passé trois ans. Je pense ainsi avoir une certaine légitimité, compte tenu de mon expérience, des postes de responsabilité que j'ai occupés, pour savoir ce qui est bon ou non pour nos soldats, en tout cas pour ce qui est de l'efficacité opérationnelle de l'armée de terre.

Deuxième dimension, celle de la collégialité : je suis entouré d'un comité stratégique, d'un inspecteur de l'armée de terre qui, l'année dernière, a effectué 90 visites dans des formations de l'armée de terre et qui, pendant chaque visite, qui dure trois jours, passe le régiment au peigne fin : table ronde avec toutes les catégories de personnels, entretien avec le chef de corps, avec les représentants syndicaux etc. Ces 90 procès-verbaux nous renseignent sur la réalité de l'armée de terre. Troisième dimension, celle de la concertation : je réunis le conseil de la fonction militaire de l'armée de terre (CFMT) et demande à ses membres de me parler ouvertement. Par exemple quand ils ont voulu savoir ce que je pensais des associations professionnelles nationales de militaires (APNM), je leur ai répondu que ce qui intéressait le ministre, ce n'était pas l'avis du général Bosser mais le leur ; lors de la réunion suivante, ils m'ont indiqué ne pas avoir d'appétence pour les APNM. J'ai donc transmis ce manque d'intérêt pour les APNM à Jean-Yves Le Drian.

Voilà ma réponse à une question fondamentale. J'ai cinquante-huit ans, mes soldats en ont vingt, à savoir l'âge de mes enfants… Cette question est centrale dans l'exercice du commandement.

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