Intervention de Amiral Christophe Prazuck

Réunion du mercredi 14 février 2018 à 9h00
Commission de la défense nationale et des forces armées

Amiral Christophe Prazuck, chef d'état-major de la marine :

Je répondrai d'abord sur l'innovation, les drones et en particulier le SDAM. Certes, il n'arrivera qu'en 2028. Mais la bonne nouvelle est qu'une expérimentation commence dès cette année : la direction générale de l'armement (DGA) a demandé à Naval Group et à Airbus Helicopters de travailler sur un drone hélicoptère dérivé du Cabri, hélicoptère léger de la société Guimbal.

Nous sommes en train de travailler sur l'appontage automatique de ce drone, plus volumineux que les drones de la société autrichienne Schiebel que nous utilisons aujourd'hui. Vu sa taille, il pourra, à terme, emporter de l'optronique et des radars, multipliant presque par dix la capacité de surveillance de nos patrouilleurs. Franchissons donc d'abord cette première haie, en travaillant sur l'appontage automatique et sur l'emploi du Cabri.

Ces travaux devraient être terminés en 2020, de sorte que nous pourrons apporter des éléments plus concrets qu'aujourd'hui, lorsque l'actualisation prévue par la LPM aura lieu en 2021. Chaque chose en son temps. Je suis pour l'heure satisfait du lancement de cette expérimentation ordonnée par la DGA.

S'agissant de la coopération internationale, nous ne cessons de la pratiquer. C'est le cas pour les opérations que nous menons contre Daech. Pour celles qui visent à lutter contre les réseaux de passeurs, à secourir les migrants en Méditerranée centrale, nous agissons dans un cadre européen. Je pourrais citer également nos opérations dans le golfe de Guinée. Nos opérations sont menées la plupart du temps dans le cadre de coalitions internationales.

Nous avons aussi, par ailleurs, des partenaires plus éloignés, tels l'Australie, l'Inde et les Émirats arabes unis. Avec eux, nous conduisons des exercices en commun ou nous développons une coopération logistique sur la base d'échanges réguliers.

Dans le domaine industriel, toutes nos frégates de premier rang modernes ont été construites dans le cadre de coopérations internationales. Les frégates de défense aérienne, tout comme les FREMM, ont été développées avec l'Italie, et nous travaillerons de nouveau avec elle à la réalisation des pétroliers-ravitailleurs. Avec le Royaume-Uni, nous travaillons sur le futur système de chasse aux mines. Avec l'Allemagne, nous coopérons sur le projet de drone européen Moyenne altitude longue endurance MALE et sur sa capacité maritime.

La coopération internationale est donc au coeur de notre développement capacitaire et de nos opérations.

L'un de vous a demandé si nous étions gagnants ou bien patients. J'ai déjà exposé devant vous la nécessité de combler les trous capacitaires. Je l'ai fait valoir lors des travaux autour de la revue stratégique et lors de l'élaboration de la LPM, et elle a été prise en compte. Je considère que ce projet de loi répond aux besoins de notre pays face aux menaces sur notre souveraineté, au retour des États-puissances et à la menace terroriste, notamment dans leur dimension navale.

S'agissant des frégates, nous avions affiché un objectif de dix-huit bâtiments. Nous bénéficierons de navires plus modernes et plus disponibles que ceux que nous avons aujourd'hui et avec lesquels, pendant une dizaine d'années, nous ferons face.

Une nouvelle classe de sous-marins nucléaires d'attaque, les Barracuda, viendra succéder aux six SNA de classe Rubis datant des années 1980. Ils sont construits à Cherbourg : le premier sera livré en 2020 puis cinq autres viendront remplacer les cinq sous-marins de l'ancienne classe à raison d'une livraison tous les deux ans jusqu'en 2030. Ce programme a connu un décalage de trois ans, ce qui m'a conduit à prolonger le premier de série de l'actuelle génération, le Rubis, jusqu'en 2020.

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