Intervention de François Ruffin

Séance en hémicycle du mercredi 28 mars 2018 à 15h00
Protection des savoir-faire et des informations commerciales — Après l'article 2

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois Ruffin :

Les multinationales sont capables de dépenser des millions, voire des dizaines ou des centaines de millions, en publicité pour nous asséner leur propagande. Mais, dès qu'un sujet les fâche, il n'y a plus personne.

Je prendrai un exemple très concret : celui de l'entreprise Danone, qui vend du lait en poudre en Indonésie, en fait la promotion et s'arrange même parfois avec les sages-femmes qu'elle forme, informe, gratifie de ses produits et rémunère, de façon que le lait en poudre remplace, dès la naissance de l'enfant, le lait maternel. Les conséquences sont catastrophiques : on le sait, 1,5 million de bébés meurent tous les ans, dans le monde, pour avoir été nourris au biberon ; en Indonésie, le risque de mourir d'une pneumonie, pour un enfant nourri avec du lait en poudre, est multiplié par cinquante, rendez-vous compte !

Lorsque l'équipe de l'émission Cash investigation veut interroger les responsables de Danone sur la façon dont ceux-ci obtiennent les coordonnées des aides-soignantes, transforment celles-ci en VRP et paient des cours de gym dans les maternités ou la formation de sages-femmes, auxquelles sont offerts des paquets cadeaux contenant du lait en poudre, il n'y a plus personne ! L'équipe de Cash investigation est alors obligée de faire le siège de l'immeuble de l'entreprise et de lancer des ballons gonflables aux couleurs de l'émission. Le procédé est spectaculaire, certes, mais il n'y a parfois pas d'autre possibilité pour interpeller les PDG de ces multinationales.

Celles-ci ont aujourd'hui un grand poids dans la société, et même à l'échelle du monde, puisqu'il dépasse parfois celui des États.

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