Intervention de Laurent Dumarest

Réunion du jeudi 15 mars 2018 à 16h00
Commission d'enquête chargée d'examiner les décisions de l'État en matière de politique industrielle, au regard des fusions d'entreprises intervenues récemment, notamment dans les cas d'alstom, d'alcatel et de stx, ainsi que les moyens susceptibles de protéger nos fleurons industriels nationaux dans un contexte commercial mondialisé

Laurent Dumarest, senior partner :

du département énergie d'A.T. Kearney. Je suis Senior Partner, chez A.T. Kearney, chargé à Paris de nos activités dans les industries de process et l'énergie depuis de nombreuses années. J'ai effectivement piloté ce projet pour l'APE. Je pourrai donc répondre assez précisément à vos questions, à la fois sur les modalités d'appel d'offres, la réalisation du travail, nos interlocuteurs et les résultats.

Un appel d'offres nous a été adressé directement par l'APE, le 23 octobre 2012. Il s'agissait d'une procédure d'urgence, c'est-à-dire qu'on nous demandait d'y répondre en trois jours, soit le 26 octobre. Manifestement, une demande avait été faite à l'APE d'instruire de manière préventive le dossier.

L'étude a démarré le 5 novembre. Elle a été menée en quatre semaines. Nous avons alors rendu nos conclusions. Une première réunion a eu lieu le 3 décembre à la direction de l'APE, puis une synthèse a été présentée, le 12 décembre, à M. David Azéma, le responsable de la gestion des participations de l'État, à laquelle assistaient les personnes responsables de l'étude au sein de l'APE. À l'époque, il s'agissait de Mme Solenne Lepage, pour la partie « Transport » et de Mme Claire Cheremetinski pour la partie « Énergie ».

Puis, à la demande de M. Azéma, nous avons présenté cette étude le 18 janvier 2013 à plus d'une vingtaine de personnes importantes, à Bercy. Je n'ai malheureusement pas la liste des participants : il y avait des représentants à la fois de l'APE et des cabinets des deux ministères de tutelle, soit le ministère du redressement productif – il s'agissait de membres de la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services (DGCIS) devenue depuis la Direction générale des entreprises (DGE) – et celui de l'économie et des finances.

Nous avons procédé à cette étude dans un contexte assez particulier puisque notre contrat comportait la mention « Secret ». Cela ne signifiait pas d'intervention ou de contact avec la société Alstom, son actionnaire Bouygues, ou sa banque conseil Rothschild. Il s'agissait d'un travail comme on peut en faire lorsqu'on réalise du diligence strategic en externe. C'était donc ce qu'on appelle une mission extérieure : on a fait une analyse à partir du marché, de nos bases de données internes et de la connaissance d'Alstom – contexte stratégique, concurrents etc. Nos principaux interlocuteurs étaient les représentants de l'APE, avec lesquelles nous avions une réunion hebdomadaire.

Voilà pour le processus. Cela répond-il à vos questions, monsieur le président ?

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