Intervention de Michel Lauzzana

Séance en hémicycle du mercredi 18 avril 2018 à 15h00
Déclaration du gouvernement sur le projet de programme de stabilité pour les années 2018-2022 suivie d'un débat et d'un vote sur cette déclaration

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Lauzzana :

Madame la présidente, messieurs les ministres, madame et monsieur les présidents de commission, monsieur le rapporteur général, mes chers collègues, le programme de stabilité 2018-2022, tel qu'il vient de nous être présenté, prévoit une baisse de 8 points de notre endettement public, qui passerait ainsi de 97 % du PIB en 2017 à 89,2 % en 2022.

Une telle évolution correspond à une ambition de maîtrise de nos finances publiques déjà bien présente dans la loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022 et dans la loi de finances pour 2018 votée en décembre dernier. Ces textes budgétaires, nous les avons établis avec sérieux et prudence. Nous avons évité à la fois l'écueil du laxisme coupable qui laisse filer une dette de plus en plus pénalisante et celui du rigorisme qui étouffe l'essor économique.

Ce programme de stabilité s'inscrit bien dans la continuité des actions que nous menons depuis plusieurs mois et répond à une vision juste, responsable et ambitieuse des finances publiques.

C'est une vision juste car notre dette publique, qui s'élève à 2 200 milliards d'euros, est un fardeau que nous faisons peser sur les générations futures comme sur nous-même : en 2018, les intérêts de la dette sont en effet évalués à près de 42 milliards d'euros, et le service de la dette à 161 milliards. Dès sa naissance, un Français doit assumer une dette de 37 000 euros. La réduction de notre endettement public de 8 points de PIB à l'horizon 2022 participe donc du renforcement de la justice intergénérationnelle.

Pour que notre pays retrouve le chemin de l'excédent budgétaire, des efforts de bonne gestion sont demandés aux Français. Les administrations publiques – celles de l'État, de la sécurité sociale ou encore les administrations publiques locales – contribueront également à cette trajectoire vertueuse.

Cette justice s'exprime également dans le cadre européen : il y va non seulement de nos engagements européens mais également de la crédibilité de notre parole sur la scène européenne. Nos partenaires accomplissent en effet des efforts budgétaires importants pour contenir leur dette : nous devons faire de même.

C'est une vision responsable car cette réduction de notre endettement public nous permettra de retrouver des marges de manoeuvre, non seulement dès maintenant, en baissant la charge de la dette dont je viens de parler, mais également à l'avenir, en cas de repli économique.

Pour mémoire, en 2008, on a jugulé les conséquences de la crise financière par l'explosion de la dette publique et par l'abaissement des taux d'intérêt.

Lutter contre la dette publique nous permettra donc de retrouver plus de souveraineté, afin de ne plus être prisonniers du marché ni courir le risque d'un nouveau krach boursier, a fortiori au début d'une hausse des taux d'intérêt qui réduira à l'avenir la soutenabilité de notre dette publique.

C'est une vision juste et responsable, donc, mais également ambitieuse. Voilà qui marque une véritable rupture avec les gestions précédentes.

Trop longtemps, les gouvernements successifs ont vu dans la dette publique un remède commode aux maux économiques et sociaux : en clair, ils ont opté pour toujours plus de dépenses, avec de moins en moins de résultats, si bien que l'endettement public a bondi de plus de 30 points en seulement dix ans. Nous proposons au contraire une voie plus audacieuse de transformation de l'action publique, en investissant dans la formation professionnelle, l'apprentissage, le logement et plus généralement dans la modernisation de notre économie.

Nous mènerons à bien la transformation de l'action publique et ferons baisser notre déficit structurel. Une dépense publique en baisse, mais mieux ciblée, au service d'une action publique plus agile et mieux adaptée aux nouveaux défis : tel est l'engagement que traduit ce programme de stabilité.

En conclusion, je réaffirme tout le sérieux avec lequel nous nous attelons à la réduction de la dette publique comme au redressement de nos comptes publics. Il y a urgence : durant les cinq minutes qu'a duré mon intervention, la dette publique s'est alourdie de 635 000 euros !

Nous devons faire ces efforts maintenant, car nous bénéficions d'une conjoncture favorable ainsi que d'une croissance durable.

J'aimerais enfin rappeler ici les mots de Victor Hugo : « Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité ». La nôtre est de désendetter notre pays et de le préserver le mieux possible des tempêtes économiques futures, ce que nous nous engageons à faire avec le Gouvernement et le Président de la République.

Nous voterons donc en faveur de ce programme.

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