Intervention de Bruno le Maire

Réunion du jeudi 12 avril 2018 à 9h25
Commission d'enquête chargée d'examiner les décisions de l'État en matière de politique industrielle, au regard des fusions d'entreprises intervenues récemment, notamment dans les cas d'alstom, d'alcatel et de stx, ainsi que les moyens susceptibles de protéger nos fleurons industriels nationaux dans un contexte commercial mondialisé

Bruno le Maire, ministre de l'Économie et des finances :

L'intérêt des salariés d'Alstom, c'est d'appartenir à une entreprise puissante qui puisse faire face à la concurrence chinoise. Et, à cet égard, je ne partage ni vos préventions ni vos préoccupations. Il serait intéressant d'ailleurs de tirer le fil de toutes vos questions et de voir ce qu'il en résulte comme doctrine économique. On serait assez surpris.

Économiquement, Siemens ayant déjà la majorité au capital, je ne vois pas tellement quel serait l'intérêt pour cette entreprise d'effectuer à prix d'or une augmentation de capital qui ne lui donnerait pas davantage de contrôle, mais qui, en revanche, lui coûterait très cher. Les garanties apportées sont données pour quatre ans. Je fais le pari que cette association entre Siemens et Alstom permettra de construire le géant mondial de la signalisation ferroviaire et renforcera Alstom. C'est beaucoup plus prudent que de laisser Alstom exposé à un rapprochement entre Siemens et Bombardier, c'est-à-dire à la constitution d'un géant ferroviaire au niveau européen ou transatlantique auquel il ne participerait pas.

Je revendique cette décision. Je pense qu'elle est bonne pour Alstom. Je pense qu'il n'y a pas de crainte à avoir. Je pense qu'il revient à l'État, qui assure la présidence du comité de suivi, de s'assurer que Siemens remplit bien les engagements qu'il a pris vis-à-vis d'Alstom.

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