Intervention de Roland Lescure

Réunion du jeudi 12 avril 2018 à 9h25
Commission d'enquête chargée d'examiner les décisions de l'État en matière de politique industrielle, au regard des fusions d'entreprises intervenues récemment, notamment dans les cas d'alstom, d'alcatel et de stx, ainsi que les moyens susceptibles de protéger nos fleurons industriels nationaux dans un contexte commercial mondialisé

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaRoland Lescure :

Merci, monsieur le président, de nous laisser la parole.

Monsieur le ministre, je tiens d'abord à vous féliciter pour votre volontarisme. Après dix mois aux manettes, vous êtes en train de montrer que le déclin industriel n'est pas une fatalité en France. On peut l'enrayer. Les chiffres commencent à le prouver. On peut même voir une industrie française qui passe en mode de conquête.

Dans ce nouveau Parlement, tout le monde n'était pas né dans les années 1970, mais, moi, je me souviens de l'équipe de football d'Italie, qui, à l'époque, remportait partie après partie grâce au système du catenaccio : cette stratégie qui vise à défendre, à défendre et à défendre et, de temps en temps, avec un peu de chances, à marquer un but… Nous ne sommes plus dans les années 1970, ni dans le monde du football ni dans l'économie mondiale. Aujourd'hui, l'économie est globalisée, et il faut pouvoir conquérir, grâce à des technologies et à de l'innovation, mais aussi grâce au volontarisme politique. Car ce dernier a un rôle à jouer dans l'accompagnement de nos industries – vous le montrez bien.

Certes, il faut aussi savoir défendre dans le football moderne comme dans l'économie moderne. Et cela aussi, vous savez le faire. Je pourrais citer des tonnes d'exemples depuis dix mois. Le plus emblématique de cette nouvelle stratégie industrielle, est sans doute ce que vous avez fait en défense et en attaque pour STX : vous avez été capable de nationaliser temporairement une entreprise pour laquelle vous considériez que le deal n'était pas là ; et vous avez ensuite, après une renégociation toute à votre honneur, permis de créer un champion européen. Dans une industrie globalisée, avec des concurrents coréens ou chinois, vous avez montré qu'on pouvait créer un champion. Je vous en remercie.

Vous avez aussi indiqué, et je m'en félicite, qu'à l'avenir, le Parlement serait informé avec plus de transparences sur ce que le Gouvernement fait quand se présentent des opérations transactionnelles en provenance de l'étranger et qui peuvent être plus ou moins porteuses. Vous le savez, j'ai passé les huit dernières années à diriger les investissements d'un grand fonds canadien de placements qui investit dans le monde entier. Je voudrais vous entendre sur la transparence que vous souhaitez faire « en amont » des transactions vis-à-vis des grands investisseurs globaux. En effet, la compétition est également mondiale en matière de capital. Or, comme vous l'avez dit à de nombreuses reprises, notamment dans le cadre de la préparation de la loi PACTE, nous manquons de capital actions en France. Il faut donc créer plus de capital français pour soutenir et développer nos entreprises françaises. Mais, en attendant, il faut aussi pouvoir attirer du capital intelligent et de long terme. Que pensez-vous faire pour accroître la transparence sur ces règles vis-à-vis des écrans investisseurs globaux à l'aube d'opérations importantes ?

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