Intervention de Jean-Yves Bony

Séance en hémicycle du dimanche 27 mai 2018 à 15h30
Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire — Article 13

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Yves Bony :

Elles pourraient nous servir d'exemple ; nous sommes prêts à jouer un rôle pilote.

Monsieur Mélenchon, nous, éleveurs du Cantal, vivons en parfaite harmonie avec la nature, avec les saisons. Nos animaux sont à l'abri, malheureusement, presque six mois dans l'année ; nous les couvons ; nous les maternons ; nous passons des nuits blanches lors des naissances ; nous mettons plus en danger notre santé que celle des animaux, je peux vous l'assurer. Avant sa naissance, un nom est prévu pour chaque petit veau, qu'il soit femelle ou mâle. Mes petits-enfants vont les caresser. C'est cela aussi le bien-être animal.

On ne peut pas voir que le côté noir de l'élevage. Je ne voudrais pas que, après ces débats, les consommateurs, nos concitoyens, s'imaginent que tout est négatif en France. Les éleveurs aiment leurs animaux. Dans le Cantal, nous avons eu l'exemple malheureux d'un exploitant qui allait très mal, sans que ses voisins ne s'en soient aperçus. Il était en pleine déprime parce que, de norme nouvelle en nouvelle norme, on ne cessait de lui en demander plus. Il a déprimé, puis divorcé, rencontré des problèmes familiaux, et il ne pouvait plus aller nourrir ses animaux le matin. Qui a souffert en premier ? Ce sont les animaux : plus de cinquante d'entre eux ont été trouvés en état de malnutrition.

Il est bien de se préoccuper du bien-être animal, mais n'oublions pas que des exploitants souffrent. Monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, je souhaite que nous puissions leur apporter demain des réponses, alors qu'ils croulent sous les normes. N'en ajoutons pas, je vous en supplie ! Ou alors, si l'on en ajoute, il faut les aider, non pas seulement moralement mais aussi financièrement. Il n'est pas possible de faire autrement. Comme je vous l'ai dit hier ou avant-hier – je me perds un peu dans les jours, étant dans l'hémicycle depuis mardi – , une vache du Cantal a deux terrains de football pour se déplacer. C'est une image parlante : deux vaches ont quatre terrains de football pour elles seules ! Cela correspond à moins d'une UGB – unité gros bovin – à l'hectare. Il est important de connaître ces chiffres, dont tout le monde n'a pas conscience : cela signifie que notre économie est beaucoup plus réduite que l'éleveur qui a dix ou quinze unités à l'hectare.

Pour être moi-même éleveur, je ne peux qu'en parler avec mon coeur. Monsieur Mélenchon, je me retrouve complètement dans tout ce que vous avez dit. Mes animaux, je les aime et je suis prêt à faire encore plus d'efforts s'il le faut. Hier, je suis également intervenu avec mon coeur à propos de l'accord avec le MERCOSUR – le Marché commun du Sud – et du CETA – l'accord économique et commercial global avec le Canada. Pourquoi associer ces deux traités au présent débat ?

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