Intervention de Gérard Collomb

Réunion du mardi 5 juin 2018 à 21h00
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Gérard Collomb, ministre d'État, ministre de l'intérieur :

Monsieur Ahamada, je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit concernant le recrutement et la formation. Certains quartiers et départements ont été choisis, dans le cadre de la police de sécurité du quotidien, comme quartiers de reconquête républicaine ou comme départements prioritaires. Trente premiers quartiers ont été sélectionnés dont deux sont à Marseille. Trente autres seront désignés comme prioritaires au fur et à mesure que nos jeunes policiers sortiront d'école. Au total, 1 300 personnes seront affectées à cette mission à la fin de l'année. En ce qui concerne les départements, 500 personnes seront réparties dans vingt départements prioritaires.

Je me suis rendu dans le quartier de Marseille où ont eu lieu les difficultés que vous évoquez. Beaucoup de problèmes relèvent de l'État mais les programmes de rénovation urbaine dépendent aussi des municipalités et il serait bon qu'ils soient menés à leur terme. La structure urbaine de certains quartiers que j'ai visités fait en effet obstacle à la résolution de leurs difficultés. Il ne faut pas simplement apporter des réponses de court terme mais engager des actions à moyen et à long terme.

Monsieur Ciotti, vous m'avez parlé tout à l'heure de base. Le détachement, lui, restera ; la base, non. Cette dernière sera à Nîmes.

Je veille personnellement à sécuriser l'ensemble des recrutements de sorte que les engagements qui ont été pris par le Président de la République soient tenus et ce que les effectifs globaux soient réellement en augmentation. Vous le verrez quand ces effectifs arriveront sur le terrain.

Pour répondre à votre dernière question, j'ai justement défendu la police et la gendarmerie toute la journée en défendant leur budget pour l'année prochaine. C'est une façon pour moi de reconnaître les mérites de la police. Je n'ai pas entendu les propos du Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Je sais que les policiers et les gendarmes font leur travail en ayant le souci de respecter leur déontologie. On nous avait promis, à propos de Calais, un grand film qui allait tout bouleverser. Cela ne s'est pas vraiment produit puisque le journal La Voix du Nord titrait ce matin : « Re-Calais »… Vous avez rappelé qu'il y avait eu 55 000 non admissions aux frontières. Si nos policiers ne faisaient pas leur travail correctement, nous aurions de plus grandes difficultés que nous n'en avons. Je serai impitoyable avec quiconque manquera à la déontologie mais je soutiendrai toujours l'action de nos policiers et de nos gendarmes qui agissent systématiquement avec retenue. On l'a encore vu lors de manifestations récentes. Dans le passé, les grandes manifestations se soldaient par de nombreux blessés et chez les forces de l'ordre et chez les manifestants. Ce ne fut pas le cas lors des dernières manifestations.

En ce qui concerne les sapeurs-pompiers volontaires, monsieur Morel-à-l'Huissier, nous allons effectivement mener une grande campagne en faveur du volontariat. Les sapeurs-pompiers volontaires sont aujourd'hui au nombre de 194 000. Ils représentent 79 % de l'effectif total et assurent 66 % du temps opérationnel. Ayant demandé à des parlementaires de me remettre un rapport sur le sujet, j'aurai l'occasion, lors du congrès de Bourg-en-Bresse qui aura lieu en septembre prochain, de répondre aux propositions qui sont faites dans ce rapport. S'agissant des relations entre employeurs et sapeurs-pompiers volontaires, nous avons fait en sorte que la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) soient représentés dans la discussion. Le temps consacré par le sapeur-pompier volontaire à sa mission peut en effet coûter à son entreprise.

Madame El Haïry, nous n'avons pas de réserve de sécurité civile. Il y en a une dans la police et une autre dans la gendarmerie. Nous avons des effectifs de sécurité civile au niveau central et nous nous appuyons sur les SDIS. Le système fonctionne bien et nous n'avons pas forcément ni le besoin ni les moyens de créer une réserve d'anciens sapeurs-pompiers. Lorsque le cyclone Irma est arrivé – l'un des plus violents qu'on ait jamais vu –, on pronostiquait jusqu'à une centaine de morts. Nous avons donc envoyé à l'avance des effectifs de la gendarmerie et de la sécurité civile et avons ainsi pu prévenir le danger.

Monsieur Bernalicis, pour laisser au futur Président de la République une bonne situation financière, nous nous attachons à faire en sorte que la dette abyssale de la France diminue. Si les taux d'intérêt remontaient demain, ne serait-ce que d'un point, nous nous retrouverions dans une situation totalement ingérable. Mieux vaut prévenir que guérir.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.