Intervention de Paul Molac

Réunion du mercredi 27 juin 2018 à 21h00
Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPaul Molac :

Il s'agit de supprimer le premier alinéa de l'article 2 de la Constitution, « La langue de la République est le français. » Ajouté par la loi constitutionnelle du 25 juin 1992, soi-disant pour lutter contre l'anglais, il a principalement servi à lutter contre les langues régionales grâce à plusieurs décisions du Conseil constitutionnel.

Accoler la notion de langue à celle de République revient à ethniciser celle-ci. C'est d'ailleurs ce que demandait Guy Carcassonne : « la République a-t-elle besoin d'une langue ? ». Si c'est le cas, il n'est pas nécessaire que cette langue soit placée au-dessus des autres. Si, dans le cadre de la laïcité, l'État reconnaît toutes les religions, il ne reconnaît qu'une langue dans la Constitution. On peut très bien comprendre la nécessité d'une langue commune, mais lui donner un statut supérieur et se servir de ce statut pour empêcher les autres langues d'exister est une mauvaise chose.

Je vous invite à ne pas sous-estimer cette question. Le français n'est pas la langue maternelle d'un certain nombre d'entre nous. Imposer le français sans reconnaître la langue maternelle des personnes revient à ethniciser la notion de République.

1 commentaire :

Le 30/03/2019 à 12:56, Laïc1 a dit :

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" Si, dans le cadre de la laïcité, l'État reconnaît toutes les religions,"

M. Molac a des progrès à faire en connaissance de la laïcité : selon l'article 2 de la loi de 1905, la république n'en reconnaît aucune.

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