Intervention de Serge Letchimy

Séance en hémicycle du mercredi 11 juillet 2018 à 15h00
Démocratie plus représentative responsable et efficace — Avant l'article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSerge Letchimy :

Je suis assez surpris de la manière dont on aborde le problème. J'ai le sentiment qu'il y a une théorie fixiste, dont M. Goasguen a été l'expression – « on ne bouge pas », avec une pointe de suspicion à l'encontre de ceux qui ont besoin de s'exprimer en termes d'émancipation car c'est aussi une vérité – , et une théorie évolutionniste, expression d'une volonté émancipatrice tout en se revendiquant de la République, disant : « On peut en tant que peuple vivre les choses différemment. » Je pense en termes de République unie. Je ne suis pas pour autant partisan d'une république « une et indivisible », expression qui a été rajoutée. On n'a pas eu besoin d'une république indivisible pour participer à la libération de la France lorsqu'il fallait que l'ensemble des peuples d'Afrique et d'outre-mer viennent ici pour sortir le pays de ses difficultés par rapport au nazisme.

De ce fait, je ne partage pas non plus le point de vue de M. Dunoyer quand il dit que la Nouvelle-Calédonie a bénéficié comme Mayotte du second alinéa du préambule : ce n'est pas parce qu'on a profité d'un contexte qui est mauvais qu'il faut l'entériner ! C'est un contexte sinon colonial, en tout cas à esprit colonial, il faut le dire. C'est en ce sens que M. Serville a proposé une modification : pour que l'on puisse débarrasser le préambule de son essence coloniale.

Dernière chose : je ne suis pas un partisan de l'article 74 mais de l'article 73 car je considère que l'égalité des droits n'est pas l'ennemi du droit à la différence et qu'à ce titre, l'apport que nous, Ultramarins, pouvons donner à la France, c'est aussi nos identités, nos cultures et nos autres richesses. C'est l'ensemble de ces richesses, cumulées dans l'histoire et dans le temps, qui permettra un enrichissement beaucoup plus important de la France qu'aujourd'hui. C'est une politique de reconnaissance qu'il s'agit de mettre en oeuvre pour dépasser ce que nous, nous appelons « l'esprit colonial ».

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