Intervention de Caroline Fiat

Séance en hémicycle du mercredi 11 juillet 2018 à 15h00
Démocratie plus représentative responsable et efficace — Avant l'article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaCaroline Fiat :

Au début de l'année 2018, le parlement polonais a approuvé un texte visant à limiter l'accès à l'avortement. En 2015, le sénat espagnol interdisait aux mineures de mettre fin à leur grossesse sans consentement parental. La France n'est pas épargnée par ces menaces sur les droits sexuels et reproductifs, puisque, dans cet hémicycle, une députée a réclamé la restriction du délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse.

Pourtant, ce droit est déjà fragilisé par un système de soins à bout de souffle, du fait de la désertification médicale, de la réduction du personnel, de la fermeture ou du regroupement de services, des inégalités sociales et géographiques. De fait, les femmes subissent de plein fouet les freins à l'exercice de leur liberté d'avorter.

Le Planning familial rappelle dans une tribune que certains médecins invoquent la clause de conscience pour refuser de pratiquer des IVG, tandis que d'autres, plus insidieusement, retardent les rendez-vous médicaux avec leurs patientes désireuses d'avorter, qui dépassent ainsi le délai légal. Faut-il rappeler les conséquences du non-accès à l'avortement : prise de médicaments vendus sur le marché noir, opérations réalisées clandestinement ou à l'étranger, sans parler de la violence psychique que ces situations créent ?

Notre pays doit réaffirmer haut et fort le droit des femmes à avorter. Elles n'ont pas à être culpabilisées ni à se justifier. Avorter est un droit. Alors qu'on rend hommage à Simone Veil, qui s'est battue pour la légalisation de l'avortement, nous nous devons de réaffirmer l'importance du progrès social que ce droit représente.

Une politique de prévention efficace pourrait consister en un meilleur accès à la contraception, qui demeure insuffisant en raison du coût de nombreux moyens de contraception qui ne sont pas remboursés et du manque de lieux donnant accès à une contraception gratuite.

Notre amendement entend donc graver dans le marbre de la Constitution le droit à l'avortement ainsi qu'à à une contraception adaptée et gratuite.

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