Intervention de Raphaël Schellenberger

Séance en hémicycle du jeudi 12 juillet 2018 à 21h30
Démocratie plus représentative responsable et efficace — Avant l'article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaRaphaël Schellenberger :

En ce qui concerne les langues, je crois qu'il faut savoir relativiser. Le premier exemple qui me vient à l'esprit, c'est celui de Charlemagne. Charlemagne parlait une langue qui était probablement beaucoup plus proche de l'alsacien d'aujourd'hui que du français. C'est bien la preuve que l'histoire de la langue française, de la langue qui s'est progressivement imposée sur le territoire français, n'est peut-être pas aussi simple qu'on le prétend et qu'il serait bon de respecter davantage la liberté et l'histoire de nos territoires.

Je suis pour ma part l'élu d'un territoire qui conserve aujourd'hui encore la marque de la France de l'après-guerre, qui a imposé dans les écoles des slogans du type « il est chic de parler français ». Cela partait d'une bonne intention, mais cette volonté de cohésion nationale a finalement détruit des familles dans leur identité. Cette construction était difficile à réaliser dans des territoires dont l'histoire était compliquée, comme les territoires frontaliers, mais aussi d'autres territoires qui avaient une histoire particulière avec la langue.

Je ne suis pas d'accord avec ce qui a été dit au sujet de l'intégration. Je suis le député d'un territoire qu'on appelle le bassin potassique. Ce territoire minier a, jusqu'à il y a une quinzaine d'années, largement fait appel à l'immigration, en provenance notamment de l'Europe de l'Est, pour contribuer à l'exploitation des mines de potasse d'Alsace. Eh bien, le facteur d'intégration, au fond des mines, c'était l'alsacien ! C'est par l'alsacien que ces mineurs, souvent des Polonais, ont progressivement intégré la société locale et, in fine, la société française. Pour ma part, je me réjouis que les langues locales aient été des facteurs d'intégration.

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