Intervention de Maina Sage

Séance en hémicycle du jeudi 19 juillet 2018 à 15h00
Démocratie plus représentative responsable et efficace — Discussion des articles

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMaina Sage :

J'évoque souvent ce sujet et suis consciente que certains peuvent y voir une forme de redondance. Si j'insiste sur ce point, c'est pour dénoncer notre énorme retard en la matière.

Nous possédons le deuxième domaine maritime au monde, juste derrière celui des États-Unis. Peu de gens le savent. Notre économie maritime représente des emplois et des activités dans tous nos territoires. Il y a là un véritable défi et un véritable potentiel pour demain.

De surcroît, les espaces océaniques, par-delà leurs atouts géostratégiques, nous confèrent une responsabilité. En effet, ils abritent des réserves de biodiversité et des écosystèmes marins au bénéfice de l'humanité tout entière.

On oublie souvent qu'entre 2 % et 5 % des récifs coralliens, notamment dans les territoires de l'océan Pacifique, représentent 30 % des ressources. C'est dire à quel point la protection de ces espaces est fondamentale pour nous, d'autant plus en Polynésie, laquelle abrite à elle seule 47 % du domaine maritime français.

Les amendements portent sur deux points essentiels, les océans et la résilience des populations ainsi que des écosystèmes. Ils visent à compléter le quinzième alinéa de l'article 34 de la Constitution en précisant, après la mention de la préservation de l'environnement, que ce terme recouvre l'environnement terrestre et marin. Pour ce faire, ils prévoient la mention explicite des océans, en précisant que nous devons fixer les principes fondamentaux de la préservation de l'environnement des océans, ainsi que de la diversité biologique, que nous avons élevée au rang constitutionnel à l'article 1er du présent texte.

L'amendement no 2416 rectifié vise à inscrire dans la Constitution le principe de résilience des écosystèmes et de nos populations, afin de le renforcer. Je me souviens d'une séance de commission au cours de laquelle certains en ont ri, dont le président de séance qui a affirmé : « Nous sommes résilients à vos amendements ».

Voyez pourtant, mes chers collègues : dix ans après la dernière réforme constitutionnelle, nous inscrivons la lutte contre les changements climatiques dans la Constitution. Je vous garantis que, dans dix ans, nous voterons l'inscription du principe de résilience.

À l'heure actuelle, la préservation de l'environnement ne suffit plus. Il est essentiel de prendre en compte sa résilience. En effet, le changement climatique est en cours. Nous devons d'ores et déjà y faire face.

L'objectif de la lutte contre le changement climatique est de le contenir, mais il est déjà en route, « en marche ». Il ne faut donc pas se contenter de préserver l'environnement, mais faire en sorte que les territoires que nous habitons soient résilients et résistants aux changements qu'en tout état de cause nous devons subir.

Tel est l'objet des trois amendements. J'ai pris un peu de temps pour les défendre, mais ils sont trois et traitent de la cause des océans, lesquels représentent 50 % de la production d'oxygène sur Terre, soit autant que les forêts, et constituent le premier régulateur du climat, ce que l'on oublie souvent.

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