Intervention de Sébastien Jumel

Séance en hémicycle du jeudi 19 juillet 2018 à 15h00
Communication de m. le président

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSébastien Jumel :

La presse a révélé le fait qu'un proche du Président de la République a été pris en flagrant délit tandis qu'il frappait des opposants au Gouvernement. Ces faits nous ont tous émus, ce qui est plutôt rassurant. Je vous remercie, monsieur le président, d'avoir accédé à la demande formulée par plusieurs d'entre nous de réunir les présidents et de créer les conditions permettant de constituer sans délai une commission d'enquête, peu importe sa forme.

Sans être en quête de paternité, nous tenons à souligner que, dès le 4 mai, Stéphane Peu a déposé auprès du Bureau de l'Assemblée une demande de création d'une commission d'enquête, car nous étions certains que les conditions dans lesquelles la manifestation du 1er mai s'était déroulée étaient atypiques, voire anormales, mettant en cause la sécurité de ceux qui avaient voulu exercer leur liberté fondamentale de manifester. Il faudra tenir compte de cette légitimité historique et politique, et de l'antériorité de notre demande de commission d'enquête, dans la composition de celle qui travaillera sur le sujet.

Il appartiendra au groupe communiste, qui prend ses décisions de manière collective, de se réunir rapidement pour examiner les conditions de dépôt d'une motion de censure. À titre personnel, je n'exclus rien parce que je considère, comme de nombreux présidents de groupe, qu'il n'est ni tolérable ni acceptable, qu'il est même incompréhensible que le Premier ministre, ou le ministre d'État, ministre de l'intérieur, chargé des libertés publiques et des forces de l'ordre et donc, à ce titre, directement concerné par ces faits, n'ait pas témoigné son respect du Parlement – ce sujet nous préoccupe depuis plus de huit jours – en répondant, en toute sérénité, à la demande légitime d'éclaircissement que nous avons formulée.

Je regrette que nous n'ayons pas été entendus sur le sujet. Ma grand-mère disait que la nuit porte conseil. J'espère que la nuit portera conseil à l'exécutif et que demain matin, à l'heure qu'il décidera, le Premier ministre ou le ministre de l'intérieur viendra devant le Parlement répondre à nos légitimes questions.

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