Intervention de Ugo Bernalicis

Séance en hémicycle du lundi 30 juillet 2018 à 16h00
Utilisation des caméras mobiles par les autorités de sécurité publique — Motion de renvoi en commission

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaUgo Bernalicis :

Cependant, c'est bien l'intérêt général qui me tient à coeur, et non l'intérêt particulier ni la profitabilité. Quoi qu'il en soit – je le dis très sérieusement – , il faut bien garder cet élément en tête : certaines industries ont, de la sorte, vendu des méthodes pour faire baisser la délinquance. Or, ces dernières années, la délinquance n'a pas baissé : elle a soit augmenté soit stagné, mais de manière totalement indépendante du nombre de caméras que l'on a pu installer ici ou là. Au mieux, de telles installations ont déplacé le problème. Au pire, les caméras sont vandalisées, et l'on en arrive à des situations ubuesques où des patrouilles de police, mobilisées pour les surveiller, se font elles-mêmes attaquer – Mme la rapporteure l'a rappelé tout à l'heure – dans le cadre de véritables guet-apens.

Peut-être que, plutôt que de croire que les caméras vont absolument tout régler, les moyens que nous avons à notre disposition – au ministère de l'intérieur et au sein de l'État en général – seraient mieux employés à développer de véritables politiques de prévention. C'est pourquoi je vous demande, chers collègues, de faire preuve en la matière d'un peu de sagesse en votant cette motion de renvoi en commission, afin que nous puissions rediscuter de cette question bien plus tranquillement – études à l'appui, en auditionnant peut-être quelques chercheurs de plus, de sorte que notre regard soit plus éclairé et plus rationnel sur la situation – au mois de septembre.

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