Intervention de Edouard Philippe

Séance en hémicycle du mercredi 26 septembre 2018 à 15h00
Questions au gouvernement — Révision de la loi de bioéthique

Edouard Philippe, Premier ministre :

.. absolument redoutable.

Cet exercice a été engagé dès le début de l'année 2018 et a permis à des instances consultatives reconnues de réfléchir avec des philosophes, des intellectuels, des juristes, des médecins, des chercheurs et des scientifiques. Il offre à vous, parlementaires, et aux citoyens, qui, pour certains d'entre eux, se passionnent pour ces débats, un corpus intellectuel d'une très grande richesse. Permettez-moi, monsieur le député, de saluer tous ceux qui, en amont du débat parlementaire, ont participé à ces travaux et nous ont permis d'aborder ces sujets, encore une fois redoutablement complexes, de façon probablement plus éclairée.

Dans la série de questions qui nous seront posées, certaines sont déjà fortement évoquées dans le débat public – je pense évidemment à la procréation médicalement assistée. D'autres sont beaucoup moins présentes dans le débat public et n'en sont pas pour autant moins complexes, au contraire ; entrent dans cette catégorie les enjeux liés à la procréation, notamment l'autoconservation ovocytaire, et l'accès aux origines, qui recouvre la question de la levée de l'anonymat des donneurs. Je veux également mentionner les questions – vous les avez évoquées, monsieur le député – relatives à la recherche et au diagnostic génétique. Ces sujets complexes sont rendus encore plus complexes par la rapidité de l'évolution de la science, de la technique et de nos sociétés.

Le législateur aura le redoutable honneur de devoir prendre position sur ces questions. Je n'ai aucun doute, monsieur le député, qu'il y aura sur ces sujets des clivages et des désaccords. Ils sont sains et traduisent les divergences existant dans la société française ; ils permettront, je crois, après qu'ils auront été exprimés, de prendre une décision éclairée.

Mais plus que sur le fond, monsieur le député, je voudrais vous répondre sur la forme, parce qu'elle est essentielle en la matière. Nous savons tous que certains textes, portant sur des sujets présentant ce type de complexités, ont été préparés dans un cadre permettant aux divergences de s'exprimer, dans un débat qui était le mieux éclairé possible. Nous savons aussi que certains débats ont donné lieu à des affrontements d'une très grande brutalité.

J'ai la conviction, monsieur le député, que nous ne pouvons pas rechercher le consensus sur ces sujets, mais que nous devons avoir le débat le plus intelligent et le plus sérieux possible – et je n'ai aucun doute qu'il le sera – , au sens où nous pouvons, je crois, écouter et respecter les opinions des autres, et nous enrichir mutuellement des remarques qui seront formulées.

J'ai évoqué avec les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat ce qui pourrait être fait pour que le débat parlementaire et le débat public soient à la hauteur des enjeux que vous allez devoir trancher. Mme la ministre des solidarités et de la santé, Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, et Mme la garde des sceaux, qui sont toutes les trois concernées par ce texte, travaillent avec moi pour essayer de faire en sorte que nous puissions aborder ces problèmes sans aucunement nier nos divergences, mais en essayant de faire honneur au débat public. C'est l'esprit dans lequel j'aborde ces sujets et ce sont les propositions que j'aurai l'occasion de formuler aux présidents des deux chambres et aux parlementaires dans les jours qui viennent.

1 commentaire :

Le 28/09/2018 à 17:47, Laïc1 a dit :

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"et a permis à des instances consultatives reconnues de réfléchir avec des philosophes, des intellectuels, des juristes, des médecins, des chercheurs et des scientifiques."

Que viennent faire les philosophes là-dedans ? Non content d’embrumer l'intelligence des jeunes français de leurs théories farfelues et de leur jargon ridicule, ne voilà-t-il pas qu'il leur faut en plus polluer de leur présence néfaste les débats sur la bioéthique ? Parrainés en plus par le premier ministre, à qui il ne viendrait pas à l'idée de critiquer la philosophie, par pur conformisme intellectuel qui se soucie comme d'une guigne de savoir où est le vrai et où est le faux, mais dont l'objectif est de reconnaître comme utiles et bien-pensants les gens qu'on lui a demandé de reconnaître comme tels, contre l'évidence.

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