Intervention de Naïma Moutchou

Séance en hémicycle du mardi 9 octobre 2018 à 21h30
Lutte contre la manipulation de l'information — Article 1er

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaNaïma Moutchou, rapporteure pour avis de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République :

Ces amendements visant à supprimer l'intervention du juge des référés ont été rejetés l'été dernier, puis la semaine dernière, en commission. Je vous propose, par cohérence, de les rejeter aujourd'hui. Ma réponse sera peut-être un peu longue, je vous prie de m'en excuser, car elle concerne globalement tous les amendements relatifs à la suppression de l'intervention du juge des référés.

Je note d'abord avec satisfaction que, depuis la première lecture, les critiques sur le texte ont évolué : aujourd'hui, plus personne ne songe à contester l'ampleur du phénomène des fausses informations. Tout le monde s'accorde à dire qu'il s'agit d'une préoccupation majeure, et c'est tant mieux.

Je veux ensuite dire pourquoi le législateur doit intervenir. Vouloir influencer une élection ou la perturber, ce n'est pas nouveau, ce qui l'est, en revanche, c'est la puissance de certains outils, d'autant que nous savons que les sociétés du secteur des nouvelles technologies n'ont pas pris toute la mesure du problème.

Aujourd'hui, déstabiliser la démocratie ne coûte pas très cher. Je reprends les chiffres cités par mon collègue Pieyre-Alexandre Anglade. Il en coûte 2 600 euros pour s'offrir 300 000 followers sur Twitter, 5 000 euros pour acheter les commentaires que l'on souhaite, 40 000 euros pour lancer une vaste opération de propagande sur tous les réseaux. Nous savons que nous sommes de plus en plus perméables à ce type de fausses informations. Nous les avons vues à l'oeuvre en 2017, pendant l'élection présidentielle en France.

1 commentaire :

Le 13/10/2018 à 09:46, Laïc1 a dit :

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" 5 000 euros pour acheter les commentaires que l'on souhaite,"

On nage en pleine paranoïa aggravée : un commentaire par lui-même n'est pas susceptible d'avoir une influence politique majeure. Je parle en connaissance de cause : si tel était le cas, je serais depuis longtemps le maître du pays...

Le commentaire prouve juste la totale indifférence du politique à l'égard du citoyen puisque le politique ne répond jamais (sauf une fois, le député Krabal, héros de la démocratie, m'a répondu, lors de la précédente législature...) ne répond jamais, donc, au commentateur, renvoyé à son anonymat certes protecteur mais peu efficace en ce qui concerne l'influence sociale.

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