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Intervention de Général Jean-Claude Gallet

Réunion du mercredi 21 novembre 2018 à 16h30
Commission de la défense nationale et des forces armées

Général Jean-Claude Gallet, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris :

En effet. Ce n'est pas que je fuie la question, mais il est difficile pour moi d'émettre un avis sur l'opportunité d'appliquer la DETT. D'ores et déjà, je sors du bois en disant que, selon moi, appliquée à la BSPP, elle signifierait la fin du modèle actuel – mais, en tant que commandant de la brigade, j'assume ces propos. Ce serait peut-être le prolongement de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, mais avec un autre statut, dans le cadre d'un autre modèle, qui ne serait pas militaire.

L'un d'entre vous a évoqué les rémunérations : elles sont calquées sur la grille des fonctionnaires, à ceci près que les pompiers de la BSPP travaillent tout de même 70 heures par semaine – pas en permanence, il est vrai. Le problème tient davantage à la baisse du pouvoir d'achat. Cela explique aussi la concomitance des activités de sapeur-pompier militaire et de sapeur-pompier volontaire : là, on y trouve son compte, d'autant que l'on bénéficie de l'entraînement et de l'expérience que fournit la brigade.

S'agissant du service national universel, et pour vous dire les choses franchement, tant que tout n'a pas été clarifié, tant que les limites n'ont pas été fixées, je suis prudent pour ce qui est de m'engager dans le dispositif. Si l'on autorisait des cadres et des militaires du rang à être moniteurs pendant leurs journées de repos dans un cadre associatif, moyennant rémunération, on réglerait le problème du pouvoir d'achat tout en éduquant la population. Ce serait là une solution très pragmatique.

En ce qui concerne la reconversion, je trouve dommage, effectivement, qu'elle soit difficile. C'est d'autant plus dommage qu'il existe des dispositifs, qualifiés par certains de « martingales » : dans le cadre de conventions avec des SDIS, on s'engage à mettre de nouveau à disposition un jeune sapeur-pompier de Paris au bout de sept ans. Toutefois, nous ne pouvons rien faire si, à ce moment-là, le SDIS ne recrute pas la personne en question. Je suis évidemment preneur de telles solutions de reconversion. J'irai même au-delà en faisant remarquer que, si nous recrutons 1 200 jeunes par an, cela signifie que nous remettons à disposition, dans la vie civile, 1 200 sapeurs-pompiers de Paris – et pas uniquement d'ailleurs des jeunes : il y a aussi des cadres.

Certains continuent comme sapeurs-pompiers volontaires, mais ce que je souhaite, comme je le disais, c'est développer une réserve opérationnelle, car les anciens pompiers ont un savoir-faire utile dans les départements, en cas de crise. C'est un système que nous sommes en train de mettre en place, pour que ces compétences ne se perdent pas. De même, nos anciens pompiers peuvent participer à des dispositifs du type « école ouverte », comme c'est le cas par exemple en Seine-Saint-Denis, département qui en est le principal bénéficiaire. Des personnes de cinquante ans ayant derrière elles trente ans de service opérationnel dans des unités de lutte contre les incendies ont des choses à apporter sur le plan pédagogique.

Pour ce qui est du blocage du recrutement sur liste d'aptitude, j'en suis le premier désolé, parce que je m'aperçois qu'on trahit nos personnels. De surcroît, étant donné leur haute valeur ajoutée, en termes de compétences, c'est vraiment dommage.

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