Intervention de Jean François Mbaye

Séance en hémicycle du mardi 4 décembre 2018 à 15h00
Questions au gouvernement — Journée mondiale de lutte contre le sida

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean François Mbaye :

Ma question, à laquelle je souhaite associer mes collègues du groupe d'études « Sida », s'adresse à Mme la secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé.

La situation politique ne doit pas occulter les grands combats de notre siècle. Le 1er décembre avait lieu la journée mondiale de lutte contre le sida. Si cet événement confirme la constance de la mobilisation internationale, il vient également nous rappeler à regret que le sida sévit toujours.

En 2017, on estimait à environ 37 millions le nombre de personnes vivant avec le sida et à 2 millions le nombre de nouvelles contaminations à l'échelle de la planète. En France, 6 000 personnes ont découvert qu'elles étaient porteuses du VIH en 2016.

Nous ne pouvons nous satisfaire de ces chiffres alors même que l'éradication de l'épidémie est à portée de main. L'absence de vaccin doit nous inciter à investir sans relâche dans la recherche. Néanmoins, les moyens dont nous disposons, tant en matière de dépistage que de prévention, nous permettent d'ores et déjà de contenir l'épidémie.

Je souhaite ici relever l'initiative de Mme Buzyn visant à prévoir le remboursement de certains préservatifs. Toute action permettant d'inciter à recourir à ce moyen de prévention, dont l'efficacité n'est plus à démontrer, est la bienvenue.

Pourtant, d'autres méthodes de prévention, prometteuses, gagneraient à être davantage mises en lumière. C'est le cas de la prophylaxie ou du traitement comme prévention, qui ont démontré leur potentiel.

Lutter contre le sida ne saurait cependant se résumer au fait de combattre le virus. Vaincre le sida, c'est également avoir raison de toutes les formes de sérophobie, mettre à bas toutes les contre-vérités, toutes les idées reçues qui circulent encore à propos de la maladie et des personnes qui en souffrent.

Les discriminations persistent, lors d'entretiens d'embauche ou de la négociation d'un emprunt bancaire, alors qu'une personne séropositive sous traitement dispose d'une espérance de vie comparable à celle d'une personne en bonne santé.

Madame la secrétaire d'État, alors que la France accueillera en 2019 la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, pouvez-vous nous détailler la stratégie que vous comptez mettre en oeuvre afin d'atteindre l'objectif fixé par le Programme commun des Nations unies sur le VIH – ONUSIDA – d'éradiquer l'épidémie et ses conséquences d'ici à 2030 et de faire de cet événement une véritable réussite politique ?

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