Intervention de Paul Christophe

Séance en hémicycle du jeudi 6 décembre 2018 à 15h00
Reconnaissance des proches aidants — Motion de renvoi en commission

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPaul Christophe, rapporteur de la commission des affaires sociales :

Permettez-moi d'abord de saluer les différents orateurs. J'ai constaté que nous étions très nombreux à nous retrouver sur la question des proches aidants.

J'évacuerai tout de suite le débat sur le financement qui, à vrai dire, est un faux problème. Ne feignez pas de ne pas savoir que nous ne pouvons pas créer de dépenses, ce qui nous oblige à proposer un financement de substitution pour pouvoir débattre !

La semaine dernière encore, lors du débat en commission, nous nous sommes tous accordés, notamment la présidente de la commission, sur l'idée d'une prise en charge de ce poste par la solidarité nationale. Vous l'avez dit vous-même, madame la secrétaire d'État : il suffit de proposer au cours de la discussion une modification que nous avons votée en commission.

Madame Romeiro Dias, j'ai mal compris pourquoi vous usiez d'un ton si dur. Peut-être n'ai-je pas été assez explicite, et je m'en excuse. Avez-vous cru que je découvrais la situation des proches aidants ?

Dans ce cas, je vous invite à venir me rejoindre dans mon village de Zuydcoote – pour un week-end, aurait dit Belmondo. Vous partagerez avec moi le quotidien d'un hôpital spécialisé en soins de suite et réadaptation. Vous constaterez avec moi la difficulté du quotidien qu'éprouvent des personnes ayant à se reconstruire après une amputation ou un AVC. Vous côtoierez avec moi des familles dont un proche suit un traitement de la douleur, laquelle n'est reconnue aujourd'hui que comme un syndrome, la fibromyalgie. Vous rencontrerez avec moi ceux qui travaillent dans les ateliers mémoire liés aux pathologies dégénératives. Vous pourrez également m'accompagner à l'institut Vancauwenberghe où nous côtoierons, avec leur famille, des enfants en situation de polyhandicap accueillis à l'institut d'éducation motrice. Vous m'accompagnerez peut-être aussi dans une maison d'accueil spécialisée tournée vers les adultes. Nous irons à la rencontre de l'association APAHM – aide aux personnes âgées ou à handicap moteur – , qui a proposé, il y a quelques dizaines d'années, la première maison de répit, en Loire-Atlantique.

Mes chers collègues, c'est un sujet que je connais et qui m'habite, un sujet auquel j'ai essayé de vous sensibiliser il y a un an avec un vrai succès. Vous avez rappelé que la proposition de loi relative au don de jours de congé a été adoptée. C'est une pièce du puzzle, dans l'aide que nous apportons au proche aidant.

À cette occasion, nous nous étions tous retrouvés autour d'un texte, avec beaucoup de sincérité. Nous avions pu mettre en lumière ces femmes et ces hommes qui se consacrent aux autres. Les médias ont largement repris notre initiative, même si certains journalistes me demandaient alors en off : « C'est quoi, un aidant ? » Voilà le travail que nous avons accompli il y a un an pour faire progresser la reconnaissance du statut de proche aidant.

Madame la secrétaire d'État, pas plus que mes collègues, je ne doute de la sincérité de vos engagements. Vous dites vouloir inscrire ces dispositions dans un texte plus global, ainsi que dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui sera débattu en fin d'année prochaine. Pourquoi attendre ? Paul Janssen a dit : « L'esprit est comme un parachute. Ça fonctionne mieux quand il est ouvert. »

Je ne vous propose pas de saisir votre parachute pour sauter de l'avion en marche, mais, si je comprends votre volonté de réformer sur le temps long, vous devez aussi comprendre que nos concitoyens veulent recevoir maintenant des signes positifs.

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