Intervention de Hubert Julien-Laferrière

Réunion du mercredi 3 octobre 2018 à 16h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaHubert Julien-Laferrière :

Monsieur le ministre, vous l'avez dit, la mission « Aide publique au développement » est conforme à la fois aux engagements du Président de la République et aux conclusions du CICID, puisqu'il définit une trajectoire quantitative, les autorisations d'engagement étant en augmentation d'un milliard d'euros. Celles-ci permettront de programmer des projets utiles et efficaces avec des partenaires présents sur le terrain, avant que soient débloqués les crédits de paiement correspondants.

Mes collègues évoqueront sans doute les questions de gouvernance et de pilotage – je n'y reviens donc pas. J'aborderai, pour ma part, au nom du groupe La République en Marche, la question urbaine dans le monde en développement ; il s'agit en effet de l'un des grands défis du xxie siècle. Le CICID a bien défini les priorités sectorielles de notre aide publique au développement : santé, éducation, gouvernance, climat, égalité femmes-hommes. Mais l'urbanisation du monde en développement est un défi multisectoriel – holistique, diraient certains. De fait, certaines agglomérations gagnent, chaque année, 200 000 à 300 000 habitants, voire 500 000 pour Lagos ou Le Caire.

Cette évolution soulève bien entendu la question de l'accès des habitants aux services essentiels ; notre aide publique au développement et l'ensemble de la solidarité internationale ont un rôle à jouer dans ce domaine. Ces 200 000 habitants supplémentaires sont-ils condamnés à vivre de l'économie informelle dans des bidonvilles ou notre aide publique au développement peut-elle favoriser leur accès à différents services : logement salubre, transports, eau et assainissement ?

Se pose également la question de savoir quelle ville on construit. La France possède une expertise particulière en la matière. Ces villes qui gagnent 200 000 à 300 000 habitants par an doivent-elles s'étaler au détriment des terres agricoles et du monde rural ou peuvent-elles répondre aux exigences définies dans les objectifs de développement durable adoptés par la communauté internationale en 2015 ?

Le Président de la République souhaite consacrer le prochain sommet Afrique-France à la question de la ville durable. Je salue ce choix, car, encore une fois, il s'agit d'un défi essentiel, dont on parle peu bien qu'il concerne l'ensemble des secteurs. Pour relever ce défi, il faudra faire appel aux collectivités locales françaises, qui se sont engagées de longue date dans la coopération décentralisée.

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