Intervention de Jacques Maire

Réunion du mercredi 3 octobre 2018 à 16h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJacques Maire :

Monsieur le ministre, nous nous félicitons comme tout le monde de cette première réforme de fond que constitue la montée en puissance de l'APD. En revanche, nous nous inquiétons un peu de la deuxième réforme de fond qui est la mutualisation des postes à l'étranger. J'ai en effet constaté qu'on vous transférait 387 emplois, mais à raison d'environ 30 000 euros par emploi, c'est-à-dire essentiellement des recrutés locaux. Or si on transfère des recrutés locaux et qu'on doit faire des efforts d'ajustement à hauteur de 387 emplois, le compte n'y est pas, et en fin de compte, cette réforme coûtera cher au Quai d'Orsay.

Ensuite, j'observe que vous avez transféré l'intégralité de l'expertise au sein d'Expertise France, et même aux filiales de l'AFD dans les mois qui viennent. De ce fait, les réseaux d'expertise deviennent totalement sous mandat développement. C'est un peu inquiétant parce qu'auparavant, les réseaux d'expertise venaient également en appui de l'économie française et des entreprises.

Vous avez par ailleurs supprimé cet été le réseau innovation, par exemple, qui était présent dans les innovateurs, à San Francisco et ailleurs. Je sais bien que la French Tech a repris le relais ici ou là. Malgré tout, on ne peut pas supprimer d'un seul coup l'ensemble d'une structure d'innovation qui aide les startups et les groupes français.

Enfin, je dirai quelques mots du continuum sécurité-développement. Vous savez très bien, pour l'avoir vécu vous-même, que les opérations extérieures ne règlent pas la question de la sécurité intérieure.

On souhaite consacrer d'importants moyens au développement de projets avec l'AFD au Sahel, dans des conditions de sécurité très dégradée. Mais problème est qu'aujourd'hui le financement de la sécurité intérieure ne relève pas du programme 209, mais du programme 110. Nous avons donc aujourd'hui une montée en puissance des moyens du programme 209 pour des crédits de paiement de l'ordre de 100 et quelques millions d'euros. Si nous avons cette montée en puissance des projets, mais si nous n'avons pas, parallèlement, les moyens d'augmenter les actions en matière de sécurité intérieure, nous allons être bloqués dans ce continuum sécurité-développement qui restera un bon concept, mais pas une réalité sur le terrain.

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