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Intervention de Cécile Lecomte

Réunion du jeudi 22 novembre 2018 à 10h00
Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques

Cécile Lecomte, vice-présidente de l'Université de Rennes 1, présidente de la COnférence Universitaire en Réseau des Responsables de l'Orientation et de l'Insertion Professionnelle des Etudiants (COURROIE) :

- Je vous remercie d'avoir pensé à inviter la COURROIE. Nous représentons l'ensemble des acteurs de l'orientation et de l'insertion professionnelle de l'ensemble des universités françaises. Nous sommes très honorés d'être entendus ici aujourd'hui, ce qui montre l'importance accordée à la phase de l'orientation.

De notre point de vue, Parcoursup et son environnement marquent une évolution extrêmement positive. C'est fondamental pour nous, car c'est un vrai levier.

Alors qu'APB n'était essentiellement qu'un outil d'affectation, Parcoursup a aidé non seulement les élèves, mais aussi toutes les équipes qui accompagnent les élèves, dans une démarche faisant beaucoup plus de place à l'orientation. C'est fondamental, et je crois que la réussite du dispositif vient de là. Nous avons vu une formidable accélération des relations entre les équipes de lycées et les universitaires, aussi bien les enseignants, les professeurs principaux de terminale puisque l'an dernier ils étaient les premiers au coeur de l'action, que les chefs d'établissement et les autres professeurs, puis les psychologues de l'Éducation nationale et, à l'université, les enseignants-chercheurs et les conseillers d'orientation et d'insertion professionnelle.

Toutes ces équipes sont en train de trouver des moyens d'oeuvrer ensemble à l'accompagnement des élèves. Après une dizaine d'années de travail ensemble, nous sommes en passe d'accéder à un échelon supérieur dans une collaboration dans l'intérêt des jeunes. C'est certes chronophage, car nous passons beaucoup de temps en réunion de travail, mais tant mieux.

J'évoquerais un autre élément important : aujourd'hui, les candidats doivent remplir un projet de formation motivé dans Parcoursup et justifier leur volonté d'intégrer telle ou telle formation au vu des attendus de la formation. Ce n'est pas un exercice facile et cela devrait certainement être anticipé en classe de première, mais aussi, à la lumière de la réforme du lycée, aujourd'hui en classe de seconde.

Un autre aspect concerne le rapprochement entre les équipes : sur la fameuse fiche sur laquelle les professeurs pourront émettre des avis quant aux compétences acquises par les élèves, le chef d'établissement émettra également un avis sur la cohérence du voeu en fonction du profil de l'élève. Ces fiches dites « avenir » constituent un formidable levier d'interaction.

Si les élèves sont mieux accompagnés, les voeux qu'ils émettront sur Parcoursup correspondront mieux à leur réalité, à leur profil, à leur ambition, et la réussite dans les étapes ultérieures, en fin de première ou de deuxième année de licence, en sera améliorée, de même que, in fine, leur insertion professionnelle.

Gilles Roussel évoquait le fonctionnement des commissions d'examen des voeux et le travail considérable qui a été fait par nos collègues dans les universités. Ils nous disent qu'ils ont pris conscience pour la première fois de qui étaient les candidats. Les enseignants et enseignants-chercheurs dont je fais partie, voyaient jusqu'à présent arriver 500 ou 600 étudiants dans les amphis le jour de la rentrée. Ils savaient qu'ils avaient tous le bac, mais c'est tout. Aujourd'hui, on les connaît mieux. Cela induira une évolution positive dans la pédagogie des premières années en particulier.

Au-delà de ce constat positif, plusieurs points restent cependant susceptibles d'améliorations, certaines difficultés rencontrées résultant cependant du fait qu'il s'agissait de la première année. Lorsqu'on découvre un nouvel outil au fil de l'eau, cela peut conduire à des problèmes qui disparaissent l'année suivante.

En ce qui concerne la hiérarchisation des voeux, il demeure des débats intenses. Il me semble que l'on peut voir ce sujet de deux manières différentes. La hiérarchisation telle que nous l'entendons dans un parcours d'orientation est quelque chose de fondamental. La hiérarchisation, c'est savoir faire des choix. On doit amener les élèves à apprendre à faire des choix. Parallèlement, Parcoursup est un outil élaboré pour d'autres fonctions. Il faut clairement distinguer la nécessaire hiérarchisation inhérente à la démarche des candidats et le fait de la figer au 31 mars ou pas dans l'application informatique. Or le fait d'avoir beaucoup communiqué sur cette non-hiérarchisation a eu un effet négatif. De nombreux lycéens se sont dit : puisqu'il n'y a plus de hiérarchisation, je ne réfléchis pas à mon ordre de préférence. On a eu d'assez nombreux cas d'étudiants qui avaient répondu « oui » à une proposition, mais qui n'avaient pas suffisamment anticipé et qui étaient perdus et angoissés. Ces candidats pris de panique ont certainement gardé inutilement des voeux en attente, ce qui pourrait être évité par une réflexion préalable.

Le mois d'août a donné lieu à une période de flottement. Il y a une grande différence entre la procédure normale avec toutes les commissions d'examen des voeux, et la procédure complémentaire au fil de l'eau. Le fait est que ces deux périodes se sont souvent chevauchées cette année. Nous avons bien entendu, c'est une très bonne nouvelle, qu'il y aura dans la nouvelle campagne plus de distinction entre la phase normale et la phase complémentaire.

Comme le disait Gérard Roussel, classer comme cette année tous les dossiers de demande de licence générale a constitué un travail titanesque, mais c'était aussi la première fois qu'une équipe pédagogique pouvait envoyer un « message » aux candidats. S'il y a 3 000 dossiers et que l'étudiant est classé 2 800e, cela devrait normalement lui permettre de comprendre que, a priori, son profil ne correspond pas tout à fait aux critères de réussite dans cette formation. Les candidats peuvent utiliser ce classement pour mieux comprendre leur positionnement par rapport à la formation, même si dans la plupart des universités, si on exclut l'Île-de-France, on a pris tout le monde dans toutes les formations.

Le dernier point qui nous tient particulièrement à coeur est la question des candidats en réorientation, c'est-à-dire ceux qui ont entamé une première année, et parfois même deux. Nous sommes attentifs au fait qu'il ne faut pas considérer cette réorientation comme un échec. On l'a dit, l'orientation est un processus qui s'inscrit dans la durée. Changer d'avis à 18 ans est un processus normal, qu'il ne faut pas pénaliser. La première année n'est pas une année d'échec mais de réflexion, c'est une année où les étudiants vont continuer à construire leur projet. Nous souhaitons arriver à valoriser et développer la réflexion qu'ils peuvent mener durant cette première année, qui peut constituer une année de sas. Cette année, dans la première version de Parcoursup, les dossiers des candidats en réorientation étaient moins complets que pour les candidats néo-bacheliers.

Nous nous félicitons, en conclusion, d'avoir une très bonne écoute par l'équipe Parcoursup, avec laquelle nous travaillons régulièrement, et nous savons qu'il y aura encore des améliorations.

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