Intervention de Guillaume Vuilletet

Séance en hémicycle du mercredi 23 janvier 2019 à 15h00
Questions au gouvernement — Médecine psychiatrique

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGuillaume Vuilletet :

Madame la ministre des solidarités et de la santé, la question que je souhaite vous poser concerne les failles de diagnostic et les retards de dépistage des maladies mentales et des troubles psychiques et de développement. Je voudrais y associer ma collègue Martine Wonner, rapporteure de la mission flash sur le financement de la psychiatrie, décidée par la commission des affaires sociales.

En France, une personne sur cinq est en souffrance psychique à un moment ou un autre de sa vie. Qu'il s'agisse de dépression, d'autisme, de troubles bipolaires ou alimentaires – pour ne citer que ceux-là – , la prévention et le suivi psychiatrique sont deux aspects du sujet qui nous concernent tous, de près ou de loin.

Ces dernières années a été constatée une augmentation importante des demandes de prise en charge. Notre société est sans doute plus sensible au mal-être, à l'identification des risques psychosociaux et des traumatismes. Pourtant, les maladies mentales et les troubles psychiques et de développement restent encore trop souvent méconnus, sous-estimés et stigmatisés.

Au trop fréquent manque d'information de l'entourage sur la question s'ajoute le déficit de sensibilisation des professionnels de santé de premier rang, comme les généralistes, et de la communauté éducative. Cela concerne tout particulièrement les jeunes autistes et les victimes de troubles du comportement alimentaire, dont, en janvier 2018, il y a juste un an, la Cour des comptes soulignait dans un rapport les failles persistantes de la prise en charge. Seuls 15 % des enfants bénéficient aujourd'hui d'un diagnostic et d'une intervention précoces ; le diagnostic est réalisé en moyenne à cinq ans et demi alors que la Haute Autorité de santé recommande qu'il ait lieu à trois ans. Ce retard pénalise la prise en charge, alors que celle-ci est d'autant plus efficace qu'elle intervient dans les premières années de la maladie. Toutes ces difficultés ont d'ailleurs été indiquées à M. le Premier ministre lors de sa visite, il y a quelque temps, à Villaines-sous-Bois, dans ma circonscription.

Certes, 50 millions d'euros ont été débloqués en faveur de la psychiatrie, mais il y a quelque chose de plus profond à envisager. Madame la ministre, ma question est simple : qu'allez-vous répondre à ces professionnels de la psychiatrie qui vous alertent ?

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