Intervention de Serge Letchimy

Séance en hémicycle du mercredi 23 janvier 2019 à 15h00
Office français de la biodiversité - application du cinquième alinéa de l'article 13 de la constitution — Discussion générale commune

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSerge Letchimy :

Mais sur quelle base allez-vous faire ce choix ? Devrais-je être considéré comme un parlementaire d'outre-mer ? Il y a là un vrai problème, je préfère vous le dire. Comment vous y prendrez-vous ? C'en est presque injurieux envers nos collègues ! Cela n'a aucun sens !

Il faut une représentation par bassin maritime transfrontalier. Notre collègue vient d'évoquer la possibilité de créer des agences régionales de la biodiversité, mais cette possibilité existait déjà, par suite de l'adoption d'un amendement que j'avais présenté en ce sens.

Il faut que vous ayez conscience que vous êtes en train de créer un dispositif de portée mondiale, qui relève du protocole de Nagoya, de la déclaration de Rio et de la COP21, pour tout ce qui concerne la nature, l'écologie et le développement. Les enjeux sont considérables ! Les pays anciennement colonisés, pays de sucre et de canne, ont besoin de construire des secteurs de développement économique, liés à leur résilience. Vous ne leur donnez pas la possibilité de le faire.

Ce n'est certes pas leur présence au sein d'un conseil d'administration qui réglera tout, mais tout au moins cela permettrait-il d'établir un lien entre l'identification du problème et la protection et la valorisation de la biodiversité. Cela pourrait conduire à des axes de développement propres à chaque pays, de manière différenciée. Pensez à la Polynésie et ses près de 120 îles, avec leurs nodules polymétalliques. Pensez aux coraux : en la matière, la France est en première ligne. Pensez à cette extraordinaire richesse de la France qu'est sa puissance maritime ; or 97 % de la surface maritime de la France, soit 10 millions de kilomètres carrés, se trouvent dans l'outre-mer. Pensez que celui-ci renferme 80 % de la biodiversité française. Pensez que sur 25 hotspots de biodiversité dans le monde, quatre se situent dans l'outre-mer. Pensez à la puissance écologique considérable de la Guyane. Si vous ne présentez pas un amendement en ce sens, vous allez briser un élan, vous allez « tuer » quelque chose. C'est pourquoi je vous incite à le faire. Je pense que sur tous les bancs, nous accepterions une disposition de cet ordre qui permettrait de nous en sortir. Je voulais centrer mon intervention sur ce point.

Je pense que la France est en train de mener une action extrêmement importante pour l'avenir de la planète. Je considère que, dans ce domaine, la France a innové, depuis les Grenelle jusqu'aux politiques de la biodiversité. Et nous avons, nous aussi, besoin de reconnaissance. Pour les outre-mer, une avancée considérable serait la reconnaissance de leur richesse biologique et, surtout, des services écologiques que nous rendons à l'ensemble de la planète. Le jour où l'on évaluera ces services, nous serons peut-être moins dans la dépendance, tout en étant dignes dans la République.

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