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Intervention de Olivier Perot

Réunion du jeudi 17 janvier 2019 à 9h30
Mission d'information relative aux freins à la transition énergétique

Olivier Perot, président de France énergie éolienne :

Permettez-moi de dresser un bref état des lieux complémentaire de la filière éolienne en France, avant de revenir sur les freins, les enjeux et les leviers. France énergie éolienne est une association professionnelle qui regroupe les entreprises et professionnels actifs dans le secteur éolien, quelles que soient leur taille et leur place dans la chaîne de valeur – des très petites entreprises (TPE) aux très grands groupes. À ce jour, nous comptons 330 entreprises adhérentes.

D'après le recensement que nous avons effectué en fin d'année et qui donnera lieu à un communiqué de presse dans la semaine, la capacité installée atteindrait désormais plus de 15 gigawatts ; la cible fixée dans la précédente PPE est donc atteinte. La filière a fait la preuve qu'elle était en mesure d'atteindre des objectifs ambitieux. Quelque 8 000 éoliennes sont installées et représentent un peu moins de 6 % de la consommation électrique nationale en 2018.

En termes de compétitivité économique, la filière a atteint une maturité industrielle et technologique mais reste jeune et peut encore réaliser des gains de productivité et améliorer sa compétitivité. La courbe décroissante des prix de l'électricité est un élément à prendre en compte dans une perspective à long terme.

La notion de fiabilité et de sécurité de l'approvisionnement est importante. La production d'électricité éolienne est prévisible plusieurs jours à l'avance et désormais bien intégrée au réseau électrique, les gestionnaires de réseau ayant accompli de nombreux progrès et maîtrisant bien cette source de production. Selon les scénarios prospectifs de Réseau de transport d'électricité (RTE), l'industriel chargé d'équilibrer le réseau de transport d'électricité, la production éolienne pourrait représenter jusqu'à 36 % de l'électricité en 2035 – contre 6 % aujourd'hui et 15 % prévus dans la PPE en 2028 – et encore ne s'agit-il pas d'un maximum mais d'un point de passage, car il reste une marge importante au-delà de cet horizon.

S'agissant des emplois, nous utilisons une méthode de recensement un peu différente de celle de l'ADEME – nous travaillons avec la société de conseil BearingPoint –, mais nous parvenons à un résultat similaire, de l'ordre de 17 000 emplois directs et indirects en 2017, soit une augmentation régulière de 8 % – 1 200 emplois supplémentaires – par rapport à l'année précédente. La filière crée quatre emplois par jour. À titre de comparaison, alors que l'éolien représente donc 5 à 6 % du bouquet électrique, le nucléaire en représente 70 à 75 %, soit douze fois plus ; or, il emploie environ douze fois plus de personnes que l'éolien. Autrement dit, la richesse en emplois de l'éolien est équivalente à celle du nucléaire.

J'en viens aux retombées économiques et fiscales, qui possèdent une forte dimension locale. Les travaux de construction supposent l'intervention de petites et moyennes entreprises (PME) et d'entreprises de taille intermédiaire (ETI) dans les secteurs du génie civil, du génie électrique et de l'installation. D'autre part, environ 3 500 des 17 000 emplois de la filière sont liés à la maintenance. La France compte 90 centres de maintenance qui emploient des techniciens jeunes et très qualifiés, installés dans des communes rurales ou de petite taille. L'impact sur l'emploi local est donc très apprécié par les maires que nous rencontrons régulièrement. En outre, le parc installé s'accompagne pour les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et régions – de retombées fiscales d'un montant d'environ 170 millions d'euros par an.

Le dernier élément d'importance est l'adhésion des Français. C'est une donnée que nous avons souhaité objectiver, au-delà de tout ce que l'on peut entendre. Nous avons donc commandé à Harris Interactive, entreprise d'études marketing et de sondages d'opinion, un sondage auprès de deux échantillons, l'un de mille personnes représentatives des Français dans leur ensemble et l'autre de mille riverains, c'est-à-dire de résidents de communes situées à moins de cinq kilomètres d'un parc. Il en résulte que l'éolien conserve une très bonne image pour près de trois Français sur quatre – 73 % précisément. Peu de politiques publiques peuvent se prévaloir d'un tel soutien… D'autre part, la dynamique constatée parmi les riverains est très intéressante : l'image qu'ils ont de l'éolien est meilleure de sept points que l'image qu'a l'échantillon général et elle s'améliore au fil du processus d'implantation, puisque 9 % des riverains sont réservés ou défavorables lors de l'annonce de l'installation d'un parc, mais la moitié de ces personnes y deviennent favorables une fois le parc installé. En d'autres termes, les peurs tendent à se dissiper lorsque l'éolien devient réalité et la dynamique d'acceptabilité est positive.

En somme, la vision du développement éolien est ambitieuse même s'il faudra surmonter certains freins, sur lesquels nous reviendrons sans doute au fil de la discussion.

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