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Intervention de Loïc Prud'homme

Séance en hémicycle du mercredi 30 janvier 2019 à 21h45
Prévention et sanction des violences lors des manifestations — Après l'article 3 bis

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaLoïc Prud'homme :

Depuis onze semaines que les manifestations des gilets jaunes ont commencé, plus de 1 700 blessés ont été dénombrés, dont beaucoup de blessés graves. Cela doit nous amener à réfléchir à cette doctrine du maintien de l'ordre dont parlait mon collègue Bernalicis il y a quelques instants. Tel est le but de cet amendement.

Pour mettre fin aux violences, le maintien de l'ordre ne doit en aucun cas revêtir un caractère plus « offensif », pour reprendre le terme employé le 22 janvier par M. le ministre lors de son audition devant la commission des lois. Nous dénonçons cette stratégie d'escalade de la violence – dans ma circonscription de Gironde, je le fais personnellement depuis au moins l'« acte 5 » des manifestations de gilets jaunes – , dont on voit à quoi elle a abouti à Bordeaux lors de l'« acte 11 ». C'est au contraire la désescalade qui doit être recherchée : avec la transparence, elle est l'un des deux principes qui doivent fonder notre maintien de l'ordre.

En la matière, la doctrine française pourrait s'inspirer des exemples donnés par nos voisins. Et puisque vous aimez vous donner pour modèles les pays du nord de l'Europe, laissez-moi vous rappeler que l'Allemagne et la Belgique ont justement adopté des stratégies de désescalade : la discussion et le refus de l'affrontement direct y ont cours au point que des manifestations parfois très importantes – et même parfois plus massives que celles que nous connaissons ici – se passent dans un calme tout à fait notable.

Rappelons également qu'en 2015, l'Assemblée nationale s'est interrogée, dans le cadre d'une commission d'enquête parlementaire, sur les éléments qui devraient constituer une doctrine républicaine du maintien de l'ordre.

Parmi ces éléments devraient figurer selon nous, outre les principes de désescalade et de transparence, l'obligation de répondre aux demandes des organisateurs, la garantie de l'accès de la presse aux manifestations – car c'est là encore un problème, alors qu'il vous appartient de l'assurer – , le recours à des stratégies d'apaisement, l'usage de la force ne devant être qu'un dernier recours – encore doit-il être proportionné, ce qui n'est pas le cas actuellement – , ou encore, comme l'a dit mon collègue, l'instauration d'une communication effective entre les autorités de police et les organisateurs.

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