Intervention de Patrick Hetzel

Séance en hémicycle du lundi 11 février 2019 à 16h00
Pour une école de la confiance — Motion de renvoi en commission

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPatrick Hetzel :

Vous avez tenté de nous rassurer à l'article 17, qui prévoit un redécoupage territorial des circonscriptions académiques. J'ai déjà eu l'occasion de pointer du doigt les nombreux problèmes que poseraient la fusion de rectorats et la réduction du nombre de recteurs pour faire coïncider l'organisation administrative de l'éducation nationale avec les nouvelles grandes régions issues de la loi NOTRe – portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République. À la suite de plusieurs remarques et questions que je vous ai soumises en commission, vous avez annoncé reculer sur les fusions de rectorats et maintenir le nombre actuel de recteurs. C'est évidemment une très bonne nouvelle, puisque ces orientations allaient à l'encontre d'une administration de l'éducation nationale proche du terrain et soucieuse des territoires ruraux. Je reste cependant très prudent car le diable vient se cacher dans les détails. Nous avons besoin d'être rassurés sur plusieurs points, et vous ne nous avez pas donné de précisions en commission. Pouvez-vous nous indiquer si ce sont les treize recteurs de région ou tous les recteurs qui participeront aux réunions importantes organisées à votre ministère ? Si les recteurs académiques sont écartés, c'est l'ensemble du système éducatif qui sortira perdant de cette reconcentration décisionnelle.

Il y a une autre question cruciale à laquelle vous n'avez, hélas, pas répondu devant la représentation nationale. Aujourd'hui, les trente recteurs ont tous le statut de responsable de budget opérationnel, aux termes de la LOLF : chacun décide de la manière dont il affecte les moyens humains et financiers sur le territoire académique dont il a la responsabilité. Il s'agit bien de savoir si cet aspect, qui constitue l'un des leviers importants du pouvoir actuel d'un recteur, sera maintenu ou non. Si le ministre maintenait les rectorats et les recteurs mais concentrait la décision en un seul lieu par grande région, c'est-à-dire entre les mains de treize recteurs sur trente, alors cette annonce, que d'aucuns qualifient déjà de victoire, ne serait rien d'autre qu'une victoire à la Pyrrhus, car les dix-sept recteurs non responsables de budgets opérationnels auraient alors perdu la partie la plus importante et la plus stratégique de leur pouvoir décisionnel. Vous les réduiriez à un rôle de potiche. On voit bien où cela mènerait !

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