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Intervention de Ludovic Pajot

Séance en hémicycle du lundi 11 février 2019 à 16h00
Pour une école de la confiance — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaLudovic Pajot :

Noeux-les-Mines, Beuvry, Sailly-Labourse, Houdain, Bruay-la-Buissière… Dans chacune de ces communes de ma circonscription, dans le Pas-de-Calais, des fermetures de classes réalisées ou programmées à brève échéance perturbent profondément la cohésion territoriale. Une classe, plus qu'un simple effectif scolaire, est avant tout un symbole de vie de nos territoires, ces territoires que le Président de la République semble redécouvrir depuis quelques semaines, mais que nous, élus de terrain, arpentons chaque jour avec enthousiasme.

Notre ruralité souffre déjà trop de la disparition de multiples services publics – bureaux de poste, services hospitaliers, gendarmeries, tribunaux d'instance. Si vous ajoutez à cela la disparition de nos écoles qui suivra ces fermetures de classes et la suppression des contrats aidés, dont ceux d'auxiliaires de vie scolaire, pourtant nécessaires, vous tuez définitivement tout espoir de redynamiser ces territoires oubliés de la République.

Votre texte est intitulé « Projet de loi pour une école de la confiance ». Mais la confiance, monsieur le ministre, cela ne se décrète pas. Pour que la confiance en matière éducative soit retrouvée, il faut changer de logiciel et repartir de principes simples.

Le premier de ces principes est de considérer que le rôle de l'école est prioritairement d'assurer la transmission des connaissances par le renforcement des apprentissages fondamentaux. Nos écoliers ne pourront jamais aborder l'avenir sereinement – leur avenir professionnel, en particulier – s'ils ne maîtrisent pas parfaitement le français et les mathématiques. Savoir lire, écrire et compter, tels doivent être les objectifs de l'enseignement primaire. Or rien, dans votre projet de loi, ne permet une amélioration concrète sur ces aspects.

L'école comme lieu de transmission du savoir doit également avoir pour objectif l'assimilation républicaine. Celle-ci, que les tenants du politiquement correct refusent, au nom d'un prétendu respect des cultures d'origine, est pourtant la seule à même de préserver tant notre cohésion nationale que l'épanouissement même des Français de coeur, qui auraient vocation à rejoindre la communauté nationale. Mais, pour que cela puisse se produire, il est bien évidemment indispensable de maîtriser la langue française. Le fait que la mention de la maîtrise de notre langue ait été retirée de la rédaction actuelle du socle commun de connaissances est un signe inquiétant. Nous proposerons donc, par amendement, de la rétablir.

L'enseignement de l'histoire de France doit également être au coeur de la vocation assimilationniste de notre école. Combattre les replis communautaristes passe en premier lieu par l'apprentissage, dans le milieu éducatif, de l'amour de la France, et par la promotion des moments glorieux de son histoire. Il faut ainsi mettre fin à l'insupportable repentance, qui contribue à créer un sentiment de défiance.

Plutôt que de consacrer, dans le projet de loi, le gadget électoraliste de l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire à 3 ans, le Gouvernement aurait été mieux inspiré de s'attaquer à un véritable fléau qui mine profondément notre école : je pense bien évidemment au phénomène de la violence en milieu scolaire. Le seul nombre officiel dont nous disposons est celui de 12,8 incidents graves par an pour 1 000 élèves. Aucun détail des faits, aucune répartition géographique, aucune information précise permettant de mieux évaluer, donc de mieux traiter ce problème. Cette opacité est inquiétante eu égard à l'importance du phénomène. Selon un organisme du ministère de l'éducation nationale, il est possible de recenser pas moins de 440 incidents graves par jour dans les établissements scolaires français. L'épisode dramatique de cette vidéo montrant un élève braquer son professeur avec une arme est, hélas, l'illustration tragiquement banale du quotidien de bon nombre d'enseignants, mais il est également révélateur du mode de traitement de ces faits par une certaine hiérarchie. Alors que la réponse devrait être la fermeté, avec notamment la suppression des allocations familiales versées aux parents d'enfants auteurs de violences en milieu scolaire –

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